A Single Man (Tom Ford)

Vendredi 2 avril 2010

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Un professeur d’université se trouve confronté à une profonde solitude après avoir perdu l’amour de sa vie au cours d’un accident.

Forcément, vu que le réalisateur est un styliste, on entend et lit partout que le film est « très beau, mais c’est tout » ou « très esthétique, très esthétisant, mais un peu vide ».

Je trouve qu’il est bien plus que ça, et pas vide du tout. Déjà par son ambiance générale, aidée par les décors et la reconstitution d’un Los Angeles dans les années 60, avec ce que ça peut avoir de crépusculaire, à la fois plein d’espoir et déjà en pleine décrépitude.

Et puis le film, dans son déroulement, fait souvent penser à un (mauvais) rêve éveillé, mêlant moments de la réalité, souvenirs de l’homme aimé, et instants flashs surréalistes avec des proches ou des inconnus.

Colin Firth, dont je ne fais pas partie des (nombreux) détracteurs déjà d’habitude, est assez impressionnant dans ce rôle. Il a ce qu’il faut de flottant, de déstabilisé, tout en gardant une prestance d’apparat toute britannique, sous laquelle on sent malgré tout brûler le désir ou le désespoir. Tout est centré sur lui, et on sent un regard empathique (mais parfois amusé) sur ce beau personnage.

Julianne Moore est, je trouve, un peu moins crédible mais joliment utilisée, et son personnage est à la fois exaspérant et attachant. Le jeune Nicholas Hoult (dont je découvre à l’instant seulement qu’il interprétait le rôle du petit garçon dans Pour un garçonAbout A Boy) est tout à fleur de peau, à la fois timide, fougueux et sensible. Jon Kortajarena et sa plastique impressionnante ont droit à une très belle scène sur un parking, peut-être l’un de mes moments préférés du film. Et enfin, Matthew Goude, dans le rôle de l’amour disparu, est bien meilleur qu’il ne l’était dans son terrible interprétation d’Ozymandias dans Watchmen. Il est même très très bon ici. La scène de leur rencontre est très réussie, à l’image de tous ces moments du film où les corps parlent plus fort que les personnages eux-mêmes.

Le film n’a jamais peur de partir dans des errances aux contours mal définis ; et ce flou, ce flottement, est probablement ce qui me plaît le plus.

Titre original: A Single Man
Catégories : CINÉMA  - Avis

Shutter Island (Martin Scorsese)

Mercredi 31 mars 2010

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Années 50. Sur l’île de Shutter Island, qui abrite un établissement psychiatrique, une patiente a mystérieusement disparu de sa cellule, pourtant encore fermée, et ne comportant aucune trace d’évasion. Comme elle est considérée comme dangereuse, on fait appel à deux membres des U.S. Marshals, afin de mener l’enquête. Mais l’un des deux, Daniels, a aussi un autre projet : se venger de celui qui a fait périr sa femme dans un incendie.

Les films de Scorsese déclenchent chez moi une attente assez variable, selon leur sujet, leur ampleur, leur casting. Et en fait, j’attendais assez peu Shutter Island, je n’ai pas lu le livre, et je ne sentais pas quelque chose d’aussi fort que pour Les Infiltrés.

Le résultat, c’est un film qu’on peut qualifier de mineur, mais en un peu moins fort que cet autre film mineur mais brillant qu’est, justement, Les Infiltrés.

Leonardo Di Caprio est plutôt bon, assez bien dirigé, mais pas assez néanmoins pour nous épargner ses éternels sourcils froncés auxquels il recourt toujours quand il ne sait plus quoi faire d’autre. Néanmoins, attention, c’est un acteur que j’aime beaucoup, et qui, à de nombreux moments, arrive à faire passer plusieurs émotions contradictoires en une seconde (à la fin, notamment).

Je suis plus emballée par Mark Ruffalo – que j’adore tout le temps, de toutes façons – et qui, dans ce rôle de second plan, est fascinant, parce que, Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

La petite Emily Mortimer (Match Point) est très bien, ainsi que Ben Kingsley, et aussi Patricia Clarkson qui s’amuse dans un rôle mono-scène. Michelle Williams est assez bonne aussi en suicidaire à moitié dans le déni.

Bien sûr, c’est bien filmé, bien cadré, bien monté ; mais en tout cas on pouvait s’attendre à quelque chose d’un peu plus puissant de la part de Scorsese (même si, là, je suis bien consciente de faire la difficile !)

A revoir peut-être, en se débarrassant des pensées parasites…

Sherlock Holmes (Guy Ritchie)

Dimanche 7 mars 2010

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Alors que le Dr Watson s’apprête à quitter Sherlock Holmes pour s’installer avec sa future femme, laissant le détective seul et en proies à ses angoisses, de mystérieuses morts apparaissent dans Londres, liées à un personnage sombre, puissant et inquiétant, Lord Blackwood.

Comme je n’ai jamais pu supporter un film de Guy Ritchie jusqu’à la fin, je n’avais, malgré le casting, aucune attente particulière pour ce film-ci, que je pressentais creux et tape à l’œil, à l’instar des précédentes œuvres du réalisateur. On dirait que Guy Ritchie a réussi à se canaliser un peu, ce qui donne un vrai film qui se tient et qui fonctionne même plutôt bien.

La photo du film est très particulière, dans les gris mais avec un petit grain fantastique qui, s’il surprend de premier abord, n’est pas sans intérêt. Ça colle en effet particulièrement bien à l’atmosphère londonienne poisseuse qui est la toile de fond, presque un personnage à part, de l’intrigue. Les décors aussi sont particulièrement soignés et en cohérence avec ce choix.

Côté personnages, le gros point faible à mes yeux est Lord Blackwood, interprété qui plus est par un sous-Andy Garcia assez insignifiant. Les deux personnages féminins (que je redoutais particulièrement) ne sont pas excellents, sans être totalement honteux. Kelly Reilly semble quand même avoir du mal à sortir de ses tics habituels de jeu (yeux plissés, bouche en cul de poule) pour donner un peu d’épaisseur à cette fiancée qu’on a, comme Holmes, un peu envie de détester, tout en ayant une certaine tendresse à son égard. Rachel McAdams sort un peu de ses rôles habituels avec ce personnage de manipulatrice amoureuse. Plus adulte que la plupart des rôles qu’elle a interprétés avant, c’est un personnage qui lui va plutôt bien, mais là encore, on manque quand même de fond pour avoir quelque chose de vraiment intéressant.
Robert Downey Jr présente ici, comme on pouvait s’en douter, un Sherlock Holmes un peu chien fou, ce qui en soi est un choix qui se défend, mais j’aime bien aussi quand Robert Downey Jr fait autre chose qu’être en roue libre et fournir à son public chéri « du Robert Downey Jr ». Il est, comme d’habitude, charmant, fascinant, et drôle, mais j’aurais aimé quelque chose d’un peu plus particulier.
La vraie surprise vient de Jude Law, dont certaines prestations ces dernières années pouvaient laisser penser que sa carrière et son talent s’éteignaient peu à peu. Il trouve ici, selon moi, un de ses meilleurs rôles depuis bien longtemps. Il donne au Dr Watson quelque chose de bien à lui, cette sorte de recul doublé d’un attachement involontairement très fort à Holmes et à ses frasques, et une sorte de dignité sérieuse de l’éternel second. La relation Holmes-Watson, dans tout son paradoxe et sa complexité, fonctionne surtout grâce à lui.

L’intrigue part parfois dans des méandres un peu douteux, mais ça fonctionne, à la frontière du fantastique. Maintenant, ce qui manque à Guy Ritchie, et qui fait cruellement défaut au film, c’est un peu d’élégance…

Les secrets professionnels du Dr Apfelglück (co-réalisation)

Mardi 18 août 2009

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Film à sketches autour du Dr Apfelglück, psychiatre peu régulier qui s’amuse de ses cas les plus tordus.

Co-réalisé par Alessandro Capone, Stéphane Clavier, Mathias Ledoux, Hervé Palud et Thierry Lhermitte, ce film sorti en 1991 rassemble une quantité d’acteurs comiques, mélangeant joyeusement les grandes « familles » de la comédie française.

Fortement daté, fait de bric et de broc, ce film est, comme la plupart des films à sketches, fortement inégal, et si on a plaisir à revoir certains visages aujourd’hui disparus (Ticky Holgado, Jacques Villeret, Jean Yanne… ), il est quand même difficile de ne pas avouer que l’entreprise est quand même assez poussive dans l’ensemble, à commencer par ce fameux personnage du Dr Apfelglück, interprété par Thierry Lhermitte, dans l’une de ses performances médiocres et paresseuses qu’il sait si bien fournir depuis les années 90.

On a donc une première séquence s’amusant avec le style horrifique et parodiant Psychose au passage, plutôt amusante même si inaboutie, avec Jacques Villeret et Ticky Holgado.
Puis on enchaîne sur une séquence sur un tournage italien, avec accessoiristes incapables et acteurs qui s’épuisent (Daniel Gélin, Véronique Genest). Quelques détails sont bien vus, mais on est loin de Ça tourne à Manhattan et l’humour est assez inégal.
La troisième séquence est clairement ma préférée : elle se déroule sur le plateau d’un jeu télévisé, animé par Alain Chabat et Zabou Breitman. Tout se passe bien, dans l’hystérie la plus complète, typique de ce genre d’émissions, jusqu’à ce qu’un personnage odieux, raciste et agressif, fasse son entrée et se révèle être un candidat redoutable, impossible à détrôner. Zabou Breitman est particulièrement drôle en potiche chantonnante et Roland Giraud s’amuse comme un fou dans le rôle de l’ignoble Leberk (prononcez « le beurk ») ; Dominique Lavanant est aussi très drôle en productrice gênée (j’aime beaucoup sa façon de décrocher le téléphone quand Leberk vient de dire une horreur à l’antenne).
On passe ensuite à une séquence rapide et absolument ratée autour de Gérard Jugnot, lui-même assez mauvais, et de lunettes pour voir les gens tout nus.
Enfin, la mort du Dr (non non, ce n’est pas vraiment un spoiler, je vous assure) nous entraîne dans une séquence dans un paradis au fonctionnement bien particulier, où seul Michel Blanc en faux gourou réussit à nous arracher un sourire.

Chaque participant à ce film a fait plusieurs comédies largement au-dessus de ce film et y a été trois fois meilleur. Mais malgré tout, il y a dans tout cela une bizarrerie assez unique et quelques perles qui surnagent.

Star Trek (J.J. Abrams)

Mardi 12 mai 2009

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Je ne connais rien à Star Trek. Mais rien. Je n’ai vu aucun film, et je ne pense avoir vu aucun épisode de la série. Pour moi, jusqu’à il y a peu, Star Trek, c’était une série TV où il y avait des bonshommes en pyjama dans une pièce, qui faisaient semblant de voyager dans l’espace.

Autant le dire tout de suite :  on est dans ce film à mille lieues de cette conception.
Star Trek
version 2009 est un pur divertissement, dynamique et rythmé. Batailles dans l’espace, bagarres dans un bar, joutes verbales, tout s’enchaîne, sans nous laisser une chance de nous ennuyer.
Chris Pine, dans le rôle de Kirk, le héros un peu lisse, s’en sort plutôt pas mal. Le scénario évite justement de lui donner un rôle « à la Luke Skywalker », trop gentil, trop naïf, trop « qui ne plaît pas aux filles ». Mais du coup, McCoy (interprété par Karl Urban, Eomer dans Le seigneur des Anneaux), qui serait plutôt le Han Solo du coin, le « gentil vaurien », n’est pas assez contrasté par rapport à Kirk, et passe complètement au second plan, ce qui est bien dommage. Espérons qu’on le verra un peu plus dans les volets suivants ! Zachary Quinto, vu dans la série Heroes, est vraiment idéal pour le rôle de Spock. Je regrette simplement l’ajout d’une romance, très mal greffée sur le récit, et qui m’a paru bien artificielle, et bien peu dans l’esprit du personnage. Que je ne connais pas. Mais bon.

Enfin, Eric Bana (Hector dans l’infâme Troie de W. Petersen). C’est un acteur qui peut donner le meilleur comme le pire. Ici, il est passable, mais il est affublé d’un personnage de méchant ridicule, sans ampleur, dont les motivations sont peu claires et dont l’apparence peut parfois prêter à rire. Et, c’est bien connu, un bon méchant fait beaucoup pour un film de ce genre, et ce Nero (« Néron » en anglais, mouaif) n’a vraiment pas l’envergure du projet.

C’est en premier ce que je reprocherais au film, car du coup, certains aspects sont flous, certaines scènes d’action sont simplement « prenantes » là où elles auraient pu être époustouflantes, avec un tout petit peu d’enjeux en plus.
Ensuite, le fait que Kirk m’intéresse moyennement, qu’on ne voie presque pas McCoy et que Spock soit un peu rendu « hybride » sentimentalement parlant, ne m’offre pas beaucoup de prise émotionnelle sur le film.

C’est donc avec un réel plaisir que je l’ai suivi, sans jamais, malheureusement, être pleinement plongée dedans.

Je retiens néanmoins des scènes de « space-opera » comme on en voit rarement, des seconds rôles (surprises) émouvants, quelques échappées à la Star Wars amusants (comme la planète de glace, même si ici les décors sentent atrocement le carton-pâte), des paradoxes temporels stimulants (bon, pas comme dans Lost, mais quand même !) et de manière générale, des intentions de réalisation simples et efficaces, ne cherchant pas à nous prendre pour des abrutis. Ça fait quand même plaisir.

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Synecdoche, New York (Charlie Kaufman)

Dimanche 3 mai 2009

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L’écriture de Charlie Kaufman fait partie des choses les plus intéressantes qui se sont passées au niveau du scénario dans les années 2000. Toujours inventive et audacieuse, elle nous perd parfois en route mais il est difficile de ne pas au moins admirer sa façon de jouer avec les codes, d’aller jusqu’au bout des mises en abyme, et même au-delà, et d’écrire, finalement, toujours sur l’écriture elle-même.

En cela, je suis plutôt cliente du film, gigantesque projet se moquant de la vraisemblance, des unités de temps, jouant sur l’unité de lieux, démultipliant les personnages à l’infini. C’est quelque chose d’assez rare dans le cinéma contemporain pour qu’on ait réellement l’impression de se trouver devant un film « autre ».

Cependant, là où, ailleurs, le bouillonement du scénariste Kaufman pouvait être canalisé, voire sublimé, par la vision d’un réalisateur à forte personnalité (Michel Gondry pour Human Nature et Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Spike Jonze pour Dans la peau de John Malkovich ou Adaptation.), ici, il se retrouve un peu livré à lui-même ; et tout comme un acteur en roue libre, même le meilleur, peut devenir foncièrement mauvais, un scénariste qui se met en images évite peut-être un peu trop les compromis.

On est donc devant un objet brut, où il semblerait n’y avoir eu aucune coupe, ce qui intellectuellement se défend, mais cela forme un film un peu distendu, parfois même boursouflé. Le génie reste à l’état d’idée, de concept, et ne passe que très rarement la barrière de l’émotion (ce qui n’était pas le cas des films cités plus haut).

Admiration intellectuelle néanmoins très forte pour cet objet cinématographique très dépressif mais un peu autocentré.

Star Trek : le widget

Mardi 21 avril 2009

Les site officiel de Star Trek, pour nous/vous faire patienter jusqu’au 6 mai (date de sortie du film), propose un petit widget téléchargeable qui, apparemment, a des pouvoirs magiques. [merci FDC]

Je l’ai donc testé donc, afin d’observer la bête…

Vous pouvez donc, en cliquant sur le petit « nav » : voir la bande-annonce, télécharger des goodies (fonds d’écran, icônes de bureau…), naviguer dans une énoooooorme galerie photo… Vous pouvez aussi choper au passage le code du widget pour l’intégrer dans votre interface préférée.
Et surtout vous avez l’occasion de participer à un concours, en votant pour la ville de votre choix… Le prix : des places pour l’avant-première dans la ville gagnante.

Alors, si un trekkie passe par là… Qu’il clique, ma foi, qu’il joue et diffuse comme un petit fou, car mes chances de gagner augmenteront d’autant !


Séraphine (Martin Provost)

Jeudi 19 mars 2009

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Bon, vous vous dites sûrement « Ça sent le rattrapage tardif poussé par une bonne-conscience-ce-film-a-eu-plein-de-Césars ».
Eh bien vous avez tout à fait raison.

Je ne connaissais pas cette artiste, et j’avoue que malgré une petite dose de curiosité, je n’avais pas réussi à me motiver/trouver le temps/ pour voir ce film à sa sortie.

Il y a quelque chose qui rappelle Lady Chatterley, dans la photo, les couleurs, la nature, mais pourtant, je trouve qu’il y a assez peu d’organique ici, c’est dommage. La mise en scène reste en général en rôle d’illustration, à part à quelques moments assez forts (Séraphine qui ramasse toutes sortes de matières, Séraphine qui montre ses tableaux, un à un, dans une pièce vide…)
Yolande Moreau est effectivement assez habitée mais je suis davantage impressionnée par Ulrich Tukur, que je trouve parfait dans ce personnage vaguement antipathique sans jamais l’être complètement.

Beau scénario, quelques belles scènes, beau personnage principal, et pourtant, à mes yeux, jamais rien de saisissant.
En revanche, je trouve que la peinture, et les tableaux, sont extrêmement bien filmés.

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Sept vies (Gabriele Muccino)

Mardi 17 février 2009

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Il n’y avait pas mélo plus efficace que A la recherche du bonheur, déjà avec Will Smith.

Ici, l’efficacité est toujours là, il y a un sens de l’émotion certain, une bonne alchimie entre les acteurs (Rosario Dawson est épatante, alors que je l’ai haïe si longtemps) et des situations touchantes.

Le suspense mis en place, en revanche, (Qui est ce personnage ? Que fait-il ? Pourquoi ?) ne rend que plus transparent le déroulé de l’histoire, et on finit par se demander pourquoi tant de mystère pendant la plus grande moitié du film.
Mais ça fonctionne malgré tout, et le final produit l’effet escompté.

Après avoir dit toutes ces choses poliment positives, je me permettrai juste de finir sur l’aspect éthique du propos du film, qui m’a fait ouvrir de grands yeux et grincer des dents : Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

Et en fait, cette histoire me gâche quasiment tout le film, dès que j’ai compris de quoi il allait retourner. Si je ne devais noter que le scénario, ce serait un zéro joli et rond.
Dommage.

Slumdog Millionaire (Danny Boyle)

Mardi 3 février 2009

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Film terriblement « facile » : facile à regarder, facile à comprendre, facile à aimer.
Film typique « de crise » : une histoire miraculeuse d’un paria qui va devenir millionnaire.

Voilà, à part ça, pas grand-chose à dire. C’est d’une facilité, en effet, assez déconcertante ; la misère est là mais elle est toute propre et rutilante, limite dépaysante ; les excréments sont là mais ils sont couleur crème au café, pour ne pas trop choquer ; la violence est là mais à peine esquissée, pour ne pas trop perturber.

Alors oui, histoire plutôt sympathique… Mais bon sang qu’est-ce que c’est lisse, qu’est-ce que c’est triste (la fille qui n’accepte de rejoindre son amoureux que lorsqu’il aura gagné de quoi lui faire mener une vie bien bling-bling).

Donc voilà, ce n’est pas désagréable, mais je crois qu’il n’y aurait pas beaucoup à gratter pour trouver un fond qui, au fond, me déplaît au plus haut point.

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