La princesse et la grenouille (Ron Clements & John Musker)

Lundi 29 mars 2010

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Tiana et Charlotte ont grandi ensemble à la Nouvelle-Orléans. Charlotte, fille de famille riche, ne rêve que d’une chose : épouser un prince. Tiana, elle n’a qu’un rêve : accomplir celui de son père, de monter un restaurant. Avec plusieurs emplois et cette seule idée en tête, elle n’a guère de temps pour penser au grand amour.

C’est un Disney tout à fait classique que celui-ci, en 2D, avec un graphisme à l’ancienne, mais parsemé de jolies touches de fantaisie grâce à l’univers (Nouvelle-Orléans, jazz, vaudou…) qui en fait un dessin animé finalement assez à part.

Tout fonctionne bien ; les voix (en VO du moins) sont magnifiques et musicales, pleines de contrastes, et l’histoire est vraiment très mignonne, très touchante.
Le personnage de Tiana est, encore une fois, assez classique dans son évolution, mais a un petit quelque chose en plus ; le prince suit lui aussi un chemin relativement attendu, mais son caractère désinvolte et paresseux lui ajoute une particularité qui le distingue du prince tout-venant.

Un vrai méchant inquiétant qui fait de la magie noire, des princesses, des robes, des rôles secondaires animaliers attachants, de bonnes chansons (même si Randy Newman fait, pour la 50000ème fois, la même chanson), tout est réuni pour que tout fonctionne, et probablement sur tous les âges. Le tout sur un rythme qui tient bien, où les scènes s’enchaînent avec fluidité.
Le film s’aventure beaucoup du côté de l’imaginaire, les personnages rêvent beaucoup, et c’est en cela qu’ils sont beaux. Mention particulière au personnage de la luciole amoureuse d’une étoile, qu’elle prend pour une autre luciole.

La, ou les morales qui concluent le film sont elles aussi assez mignonnes (le destin du crocodile, le destin de la luciole, et même le destin des deux personnages principaux – même si un deus ex machina vient rétablir l’ordre…) et plutôt malignes.

Bref, un vrai bon Disney !

Pique-Nique à Hanging Rock (Peter Weir)

Vendredi 9 octobre 2009

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Australie, 1900. Les jeunes filles d’un pensionnat privé et régi par l’austère Miss Appleyard partent en excursion au rocher de Hanging Rock, qui est connu pour être un danger mystérieux. Toutes sauf une, Sara, punie et privée de sortie, désespérée de ne pas pouvoir suivre la camarade qu’elle admire tant, Miranda. Mais lors de cette après-midi suave, Miranda et d’autres jeunes filles vont disparaître dans des circonstances inexplicables et inexpliquées.

Deuxième vision pour ce film au rythme très particulier, dans une langueur d’ennui (celle des jeunes filles), dans une ambiance mortifère (celle du pensionnat), sous le soleil ouaté australien. On trouve des vierges presque suicidées, dont on voit probablement un certain prolongement chez Jeffrey Eugenides puis Sofia Coppola, on trouve des jeunes hommes dépassés par le monde et par la féminité, et des femmes d’un autre monde…

Et toujours, devant ce film, je suis moi-même atteinte de cette langueur, et je m’endors, toujours au moins un peu, tellement tout me semble loin, tellement tout est lent, insidieux. Et toujours un peu en attente de quelque chose qui ne vient jamais, une élucidation, une explication, la survenue, enfin, de la raison.

Mais ce n’est pas l’endroit, et c’est justement là la réussite assez indicible de ce film, qui ne ressemble à aucun autre, qui raconte le ténu, qui raconte les mystères, comme une tragédie antique un peu obscure. Sara est la seule vivante, avec, finalement, la jeune professeur, et on se raccroche à elles, dans ce monde déliquescent qui poisse comme un cauchemar, sans jamais pourtant être horrifique (une sorte de version onirique et ensoleillée de Suspiria…)

En bref, le film me plaît mais ne m’envoûte qu’à moitié, jamais autant que je ne le voudrais, car ce film est, sur le papier, fait pour me fasciner.
Je vous renvoie donc à la prose nettement plus inspirée de ma talentueuse camarade Danielle Chou de FilmDeCulte, qui écrit ici un très beau texte sur le film, et me permet de regagner un silence salutaire.

Le Poulpe (Guillaume Nicloux)

Lundi 10 août 2009

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Gabriel Letourneur, alias le Poulpe, accompagne son amie Cheryl à Morsang, petite ville balnéaire de l’ouest de la France ou ses grands-parents reposent, plus exactement reposaient, car leur tombe vient d’être profanée. La police n’a pas l’ombre d’une piste sur les pilleurs du cimetière mais le Poulpe se rend compte très vite que deux des profanateurs ont déjà été assassinés. Pourquoi ces adolescents sans ambition sont-ils devenus des témoins gênants ? [source : Allociné]

Il me semblait que ce film jouissait d’une bonne réputation, c’est en tout cas l’image que j’en avais.

De mon côté c’est une déception pure et dure, donc, car le synopsis ci-dessus est témoin d’un scénario qui est, je trouve, absolument incompréhensible sur la longueur, tellement il est dilué, distendu. Je me suis ennuyée du début à la fin, n’arrivant jamais à me raccrocher à cette intrigue-prétexte.

On me rétorquera que l’intérêt n’est pas là, qu’il se situe dans une ambiance, dans des dialogues, des interprètes… Certes, certains seconds rôles du type « on-ne-connaît-pas-leur-nom-mais-ils-sont-pittoresques » sont assez amusants, mais enfin. Jean-Pierre Darroussin, pourtant toujours excellent, est ici passablement agaçant dans ce rôle mi-cynique mi-neurasthénique ; quant à l’insupportable Clotilde Courau, elle arrive à détourner l’attention en passant la moitié du film à moitié nue. Explication du succès du film ?

En tout cas, beaucoup de détails tape-à-l’œil (utilisation de la musique, en particulier, ainsi que de la plupart des dialogues, sur-écrits) qui font que, évidemment, ce film français sort un peu du tout-venant de la production nationale.
Oui, d’accord, mais enfin ça n’en fait pas un bon film pour autant…

Ponyo sur la falaise (Hayao Miyazaki)

Lundi 11 mai 2009

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Autant le dire d’emblée : Hayao Miyazaki est l’un de mes réalisateurs préférés, et Ponyo était certainement le film que j’attendais le plus cette année.
Comme toujours, un film est toujours précédé d’une rumeur, et pour Ponyo, j’entendais chuchoter que c’était un « film mineur », bref, quelque chose de pas totalement abouti. Mon attente avait donc un peu diminué, de peur d’être déçue.

Alors voilà, on lit beaucoup ça, sur Ponyo, « film mineur », ou encore « c’est quand même beaucoup pour les enfants ».
Et ce n’est pas faux. On n’est pas dans l’ampleur mythologique de Princesse Mononoke ou dans l’épopée psychanalytique du Voyage de Chihiro.
Ponyo, c’est vrai, peut être vu sans difficulté par de très jeunes enfants (ce qui n’est pas le cas de tous les Miyazaki). Pour autant, ça ne veut pas dire que le film soit dénué de profondeur et d’intérêt.

Là où Chihiro faisait appel à notre sensibilité mais aussi à notre intelligence, notre culture, Ponyo se branche d’emblée sur notre coeur d’enfant, sans qu’il y ait besoin d’autre chose pour « comprendre ». C’est une compréhension immédiate et instinctive.

Alors bien sûr, Miyazaki joue des références, avec son récit à La Petite Sirène de Hans Christian Andersen (l’histoire d’une fille-poisson qui veut devenir une humaine par amour), avec son héroïne qu’il prénomme Brünehilde tandis que Joe Hisaishi s’amuse à pasticher la Chevauchée des Walkyries (de la tétralogie de Wagner, on ne retrouve finalement que peu de choses, à part ce don de la fille à son promis par le père).

Mais avant tout, il s’agit d’émerveillement. Le héros est un tout jeune enfant, capable de s’enthousiasmer pour un détail, de se passionner pour un poisson bizarre recueilli dans la mer. Ponyo elle-même est une très jeune héroïne, avec des sentiments aussi simples que forts, et un comportement aussi décidé qu’attendrissant (ses endormissements intempestifs, irrésistibles).

Le récit s’encombre parfois, mais comme toujours chez le réalisateur, de digressions étranges (avec Fujimoto, le père, en particulier) ; mais rien ne vient pourtant entraver la douceur généralisée qui flotte sur le film. Les deux figures maternelles sont d’ailleurs extrêmement douces : la mère de Sosuke prend Ponyo sous son aile et lui sert un thé au miel, moment très émouvant ; mais même la mère légendaire, figure qui pourrait être un peu effrayante (on se rappelle de la terrible Yubaba dans Chihiro), n’est qu’un flot d’amour et de tendresse.

Ponyo ne va pas chercher très loin son pouvoir d’évocation. C’est un film simple, facile d’accès, mais qui peut nous ramener à des émotions enfantines, qui, elles, viennent de très loin, sur quelques images, quelques notes de musique.  C’est pour moi l’essence même du génie de Miyazaki.


Le premier jour du reste de ta vie (Rémi Bezançon)

Mercredi 5 novembre 2008

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C’est un film simplissime, qui fonctionne à 100% sur l’identification – certains trouveront ça vulgaire et facile mais moi je marche à fond.

Bezançon choisit de s’attacher une famille en piochant des éléments qui font que tout le monde s’y retrouvera plus ou moins. Loin de chercher l’extraordinaire, ce qui sort de l’habituel, l’extrême, le sublime, il se contente de donner juste un joli regard au normal, à l’anodin, qui peut être pourtant si fort. Il arrive à l’universel, sans avoir non plus besoin d’en rajouter des couches et des couches, sans avoir besoin de cristalliser quoi que ce soit.

Il choisit des gens normaux, qui n’ont que des problèmes et des plaisirs normaux, et il les filme avec un regard d’une tendresse assez rare. Contrairement à la plupart des films français, il se contente de « petites » scènes, avec de « petits » événements, de « petites » crises. Et pourtant, tout est juste, tout est simple. C’est, après Ma Vie en l’air, un rapport à la réalité auquel j’ahdhère complètement.

Certaines scènes sont malgré tout moins bien écrites que d’autres, ou tout simplement trop écrites : je pense au moment où la fille (Deborah François) s’apprête à perdre sa virginité, aussi lourd que peu crédible. Peut-être trop de masculinité dans ce point de vue ?

Jacques Gamblin l’emporte en tout cas, par sa présence douce et sa voix si particulière.
Quant à l’idée du « coussin », elle est, elle aussi, toute simple mais bouleversante.

Phénomènes (M. Night Shyamalan)

Mercredi 5 novembre 2008

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Je n’attends plus les films de Shyamalan depuis The Village, qui m’avait énervée et déçue (mais j’ai envie de le revoir).

Et là, bizarrement, j’aime beaucoup, et plus j’y pense, et plus j’aime.

J’aime la construction des plans, j’aime la manière dont chaque plan est conçu avec un sens du cadrage assez unique et que je trouve miraculeux. Cette façon de faire des plans complètement anodins (« cadrons des herbes qui bougent sous le vent ») et de réussir, par la force du cadrage, à en faire quelque chose de cinématique, de dramatique.

J’adore la tension qu’il y a, dans tout le film, entre l’anodin et l’extraordinaire. Tout se joue sur le fil entre les deux et c’est un endroit tellement inhabituel que c’est un peu déstabilisant mais finalement fascinant.

Les personnages sont anodins. Le format du film est anodin. Les couleurs sont anodines. Et au fur et à mesure, le film va s’attacher à des choses, à des personnages, sans jamais les charger d’un « sens », en les abandonnant les uns après les autres. A l’image de tous ces personnages qu’on commence à suivre pour ensuite les quitter sans leur avoir dit au revoir, sans avoir compris leur intérêt. Ou comme cette plante inquiétante dans un salon qui s’avèrera être complètement vide de sens. Rien ne trouve son accomplissement, rien ne se révèle. Avec en refrain cette phrase répétée deux fois, selon laquelle « il y a tout simplement des choses qui ne peuvent pas s’expliquer ». La phrase qui sera prononcée à la fois par quelqu’un de débile et par quelqu’un de tout à fait profond.

Pour autant, jamais de nihilisme. Face à cette absurdité, il y a toujours des choses qui subsistent, le couple, par exemple. Même un couple aussi mal barré, aussi puéril, que celui-là. La vie, aussi.
Mais malgré ça, il y a ce regard désespéré derrière, qui dit : oui, il y a la vie, et c’est important. Mais ça ne change rien.
On est quasiment dans l’antithèse exacte de Signs… Avec néanmoins, un point commun : cette sensation de distance inévitable avec le réel. Is this really happening ? Le réel est toujours perçu à travers des intermédiaires (vidéos, télé, radio) ou uniquement considéré comme chose « à interpréter ». Sauf qu’ici, contrairement à Signs, la phase d’interprétation ne fonctionne plus.
Shyamalan semble buter contre quelque chose, cherche à en éviter d’autres, bref, échoue, sans abandonner.

Là où tout le monde décrie le film dans son ensemble, je serais davantage pour condamner le passage chez la vieille foldingue, qui met en œuvre le péché mignon de Shyamalan, ce qui m’agace chez lui, à savoir : la « flippe » formelle et gratuite. Mais il y a ce moment très joli où, à table, en réponse à une question (que je ne révèlerai pas) Walhberg lève la main timidement, et Zooey sourit. Pur moment de grâce.

Je trouve ce film vraiment atypique, dans cette manière unique de partir d’une angoisse, d’une paranoïa, d’un désespoir, et de ne parler que de ça. Avec, comme bilan, une impuissance infinie.

Les promesses de l’ombre (David Cronenberg)

Dimanche 18 novembre 2007

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Trop d’attente probablement, pour moi qui avais adoré A History of Violence et qui suis fan Viggo Mortensen et Naomi Watts.

Ici, c’est l’ennui qui prédomine, la faute à un scénario un peu faible, qui manque à son devoir d’ancrage émotionnel.

L’interprétation de Viggo Mortensen est, comme on a pu le lire partout, en effet incroyable, surtout dans cette scène frappante au hammam, mais aussi dans des petits détails, des têtes baissés, des yeux levés, des mains posées. Naomi Watts fait son maximum dans un rôle qui n’a pas l’envergure de ce qu’elle pourrait offrir. Restent ses chouettes fringues de moto et son visage toujours aussi lumineux.

L’ensemble n’est pas raté mais semble assez froid, platement exécuté, manquant un peu de chair. Les moments les plus réussis étant ceux où les corps agissent, agissent d’eux-mêmes.

Petites confidences à ma psy (Ben Younger)

Lundi 3 avril 2006

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Pompoko (Isao Takahata)

Lundi 3 avril 2006

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Palais Royal ! (Valérie Lemercier)

Samedi 17 décembre 2005

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Le charme de Valérie Lemercier est bien particulier. Son troisième film l’est aussi, finalement, avec ce scénario mi-figue mi-raisin (Armelle est-elle une sainte ou une vraie saleté ?), et c’est bien là son originalité.
Elle-même bourrée d’un talent fou pour égrener les répliques cinglantes (ses « Bricka, vous avez mangé de l’andouillette récemment » et autres variations sont personnellement déjà dans mon carnet culte), elle a su s’entourer de petits drôles tels Catherine Deneuve, dans un rôle littéralement écrit pour elle, Michel Aumont qui joue d’une étrange voix flûtée, Gilbert Melki et sa présence bestiale, etc, etc, etc.
Mon problème a peut-être été d’en attendre un peu trop du film – c’est là l’inconvénient à voir quelque chose après tout le monde – parce qu’on est tout de même loin de la comédie parfaite.