Miss Pettigrew (Bharat Nalluri)

Samedi 13 mars 2010

miss-pettigrew.jpg
4.png

Dans l’Angleterre de 1939, Ms Pettigrew est une gouvernante d’un certain âge, sans le sou. Quand elle perd son emploi, elle a un réel besoin de pouvoir de nourrir, se loger. Par audace et suite à quelques mensonges, elle se retrouve secrétaire mondaine d’une jeune comédienne débutante, Delysia Lafosse, et se trouve plongée dans un monde de frivolité et de luxe dans lequel elle s’efforce de se fondre.

Inutile de vous préciser pourquoi j’ai tenu à voir ce film après coup. Le rôle principal est plutôt tenu par Frances McDormand, qui incarne donc le personnage éponyme ; mais Amy Adams y interprète la frivole mais attachante Delysia Lafosse, actrice et chanteuse.

Le film n’est pas fantastique, mais gagne énormément par ses interprètes, justement. Frances McDormand, toujours très bonne, ne fait pas exception ici dans ce rôle qui connaît une jolie évolution. Elle y est drôle et touchante, et fonctionne en miroir de toute l’action, que l’on ressent à travers ses yeux. Ciarán Hinds – un de ces acteurs dont on connaît par coeur le visage sans connaître leur nom – y est aussi très bien, et les deux personnages, plus mûrs que les autres, tissent une belle relation, crédible et attachante, même si le film ne s’appesantit guère sur leurs états d’âme.
Il y a aussi Mark Strong, meilleur ici que dans Sherlock Holmes, bien que tout aussi caricatural parfois dans ce rôle du futur mari arrogant. On voit aussi Shirley Henderson, que l’on connaît surtout à travers son rôle de Mimi Geignarde dans les Harry Potter, qui est ici dans un rôle assez ingrat, un peu détestable, qu’elle assume parfaitement, et, du coup, le rend assez beau. Et puis il y a Lee Pace, que j’avais découvert et beaucoup apprécié dans The Fall, et qui s’avère décidément très doué pour ces personnages passionnés et inflexibles. Il fonctionne très bien avec Amy Adams. Cette dernière est, comme d’habitude, virevoltante, émouvante, pétillante, sensible, et même si ce n’est pas son meilleur rôle, elle reste toujours fascinante dans sa capacité à incarner des personnages sans arrière-pensée, qui sont toujours dans l’ »ici et le maintenant ».

On pourrait reprocher au film son manque d’ambition. Avec un tel sujet, une telle période (juste avant la Seconde Guerre Mondiale), et de tels personnages, on pouvait presque faire une fresque, ample et bouleversante. Le film se veut plutôt léger, mais parfois, on reste un peu sur sa faim.
Mais il y a un rythme assez soutenu (tout se déroule sur quelques jours à peine), et un petit parfum suranné qui flotte, sans pour autant que ce soit poussiéreux.

Et puis, quelques moments restent très émouvants ; je chéris tout particulièrement cette scène musicale, où Amy Adams chante (elle-même bien sûr) If I Didn’t Care et où on voit le personnage s’émouvoir de la chanson qu’il est en train de chanter et ainsi, faire avancer sa vie intérieure. Ce moment est particulièrement bien réalisé, avec un petit mouvement de caméra circulaire et des contrechamps bien choisis sur les personnages secondaires. Presque un moment de comédie musicale pure et dure, comme je les aime, et qui marche sur moi à 100%.

Titre original: Miss Pettigrew Lives For A Day
Catégories : CINÉMA  - Avis

Sherlock Holmes (Guy Ritchie)

Dimanche 7 mars 2010

sherlock-holmes.jpg
4.png

Alors que le Dr Watson s’apprête à quitter Sherlock Holmes pour s’installer avec sa future femme, laissant le détective seul et en proies à ses angoisses, de mystérieuses morts apparaissent dans Londres, liées à un personnage sombre, puissant et inquiétant, Lord Blackwood.

Comme je n’ai jamais pu supporter un film de Guy Ritchie jusqu’à la fin, je n’avais, malgré le casting, aucune attente particulière pour ce film-ci, que je pressentais creux et tape à l’œil, à l’instar des précédentes œuvres du réalisateur. On dirait que Guy Ritchie a réussi à se canaliser un peu, ce qui donne un vrai film qui se tient et qui fonctionne même plutôt bien.

La photo du film est très particulière, dans les gris mais avec un petit grain fantastique qui, s’il surprend de premier abord, n’est pas sans intérêt. Ça colle en effet particulièrement bien à l’atmosphère londonienne poisseuse qui est la toile de fond, presque un personnage à part, de l’intrigue. Les décors aussi sont particulièrement soignés et en cohérence avec ce choix.

Côté personnages, le gros point faible à mes yeux est Lord Blackwood, interprété qui plus est par un sous-Andy Garcia assez insignifiant. Les deux personnages féminins (que je redoutais particulièrement) ne sont pas excellents, sans être totalement honteux. Kelly Reilly semble quand même avoir du mal à sortir de ses tics habituels de jeu (yeux plissés, bouche en cul de poule) pour donner un peu d’épaisseur à cette fiancée qu’on a, comme Holmes, un peu envie de détester, tout en ayant une certaine tendresse à son égard. Rachel McAdams sort un peu de ses rôles habituels avec ce personnage de manipulatrice amoureuse. Plus adulte que la plupart des rôles qu’elle a interprétés avant, c’est un personnage qui lui va plutôt bien, mais là encore, on manque quand même de fond pour avoir quelque chose de vraiment intéressant.
Robert Downey Jr présente ici, comme on pouvait s’en douter, un Sherlock Holmes un peu chien fou, ce qui en soi est un choix qui se défend, mais j’aime bien aussi quand Robert Downey Jr fait autre chose qu’être en roue libre et fournir à son public chéri « du Robert Downey Jr ». Il est, comme d’habitude, charmant, fascinant, et drôle, mais j’aurais aimé quelque chose d’un peu plus particulier.
La vraie surprise vient de Jude Law, dont certaines prestations ces dernières années pouvaient laisser penser que sa carrière et son talent s’éteignaient peu à peu. Il trouve ici, selon moi, un de ses meilleurs rôles depuis bien longtemps. Il donne au Dr Watson quelque chose de bien à lui, cette sorte de recul doublé d’un attachement involontairement très fort à Holmes et à ses frasques, et une sorte de dignité sérieuse de l’éternel second. La relation Holmes-Watson, dans tout son paradoxe et sa complexité, fonctionne surtout grâce à lui.

L’intrigue part parfois dans des méandres un peu douteux, mais ça fonctionne, à la frontière du fantastique. Maintenant, ce qui manque à Guy Ritchie, et qui fait cruellement défaut au film, c’est un peu d’élégance…