Mardi 9 mars 2010


Julie, trentenaire un peu désorientée, décide de faire un blog de cuisine en réalisant toutes les recettes du livre best-seller de Julia Child, américaine qui a vulgarisé la cuisine française outre-Atlantique… Le film suit en parallèle les histoires de ces deux femmes.
Je ne connaissais pas le personnage de Julia Child, j’ignore s’il s’agit d’un vrai personnage « culte » aux États-Unis ou non, mais en tout cas, l’interprétation de Meryl Streep, est – une fois encore – assez folle. L’actrice s’amuse, comme d’habitude, et s’en donne à cœur joie, frôlant parfois de très près le cabotinage, avec voix perchée, rire forcé et sourire débonnaire. Un grand personnage comique en tout cas, avec des côtés touchants assez réussis, notamment dans la relation, jolie, avec son mari (Stanley Tucci).
Amy Adams est aussi plutôt bonne dans le rôle de cette Julie qu’on a parfois envie de gifler, de temps à autre. Elle trouve moins matière à s’amuser que sa collègue et le personnage est un peu étriqué pour elle – je crois. Mais elle reste très attachante. Son compagnon, Chris Messina, fait partie des acteurs pour lesquels je ressens un dégoût inexplicable ; le voir manger – salement, qui plus est – à plusieurs reprises, forcément, fait partie des pires moments du film.
A part ça, c’est un film gentil, pas mal fait mais un peu mou, qui manque d’une vraie force directrice. La non-relation entre les deux personnages du film est certainement ce qu’il y a de plus intéressant – et de plus amer – dans ce que ça raconte…
Titre original: Julie and Julia
Mercredi 29 juillet 2009


Washington. Un soir dans une ruelle, deux hommes se poursuivent, avec pour objet une mallette en métal. L’un finit par se cacher ; l’autre le retrouve et l’abat de sang-froid, récupère la mallette et tue aussi un cycliste, malencontreusement témoin de la scène. Le lendemain, dans le métro, une jeune femme trouve la mort dans des circonstances mystérieuses. Deux journalistes, Cal McAffrey et Della Frye, se trouvent plongés dans ces deux enquêtes qui finissent par se rejoindre et remonter jusqu’à Stephen Collins, membre du Congrès et ami de McAffrey…
Certains connaissent mon attachement pour la petite Rachel McAdams. Mais force est de constater que malgré des projets parfois enthousiasmants, il y a toujours un petit détail qui gâche tout et qui finit par freiner l’envol de cette talentueuse actrice.
Ici, c’est typique. On avait l’adaptation d’une série politique britannique – l’intrigue se déroulait à Londres et non à Washington – de 2003, avec Bill Nighy (Love Actually), Kelly MacDonald (Trainspotting), et David Morrissey (Basic Instinct 2), réputée comme de très haute qualité. On avait, en tête d’affiche, Brad Pitt (dans le rôle du journaliste, tenu aujourd’hui par Russell Crowe) et Edward Norton (dans celui du politique, Ben Affleck), et, donc, Rachel McAdams. Que rêver de plus ?
Mais, suite à la grève des scénariste, puis à des problèmes d’agenda, Brad Pitt se désengage, suivi de peu par Edward Norton. La petite Rachel tient bon, mais bon, c’est comme ça, le projet n’est plus si alléchant.
Et en effet, on y perd évidemment dans la translation Edward Norton-Ben Affleck. A ma gauche, un acteur de composition, qui a prouvé son talent à de nombreuses reprises, depuis Peur Primale en passant par Fight Club, Larry Flint, Tout le monde dit I Love You… Et à ma droite, un jeune garçon plutôt sympathique (comparse de Matt Damon dans leur ascension vers Hollywood, époux de Jennifer Garner, star de Alias… alors on l’aime bien malgré tout…) mais dont la palette de jeu est extrêmement réduite, comme je le disais à l’époque de Ce que pensent les hommes.
Du côté de l’échange Brad Pitt-Russell Crowe en revanche, la perte est nettement moins évidente. Et même, je dirais sans hésiter : on y gagne. Bon, je ne suis pas fan de Brad Pitt (insensible à son charme et parfois agacée par son jeu). Mais Russell Crowe, bizarrement, arrive toujours à me convaincre. Pourtant, je n’y pense jamais, à Russell Crowe, et quand je le vois à l’écran, ça me frappe : il se débrouille bien, le bougre.
Et à côté de ce duo Crowe / McAdams (les deux journalistes aux méthodes opposées qui se retrouvent à travailler ensemble), on a aussi Helen Mirren (The Queen), impeccable dans le rôle de la rédactrice en chef obsédée par les ventes mais toujours attachée à son travail et à ses collègues ; et puis, enfin, Robin Wright Penn (Princess Bride, Forrest Gump), toujours parfaite quoi qu’elle fasse.
Bizarrement, le film n’a rien d’original. Une enquête. Des journalistes doués. Des scandales. Des témoins. Du chantage. Des péripéties, des final twists.
Et pourtant, tout fonctionne, on ne s’ennuie pas, on ne se dit même pas « Déjà vu ». A l’image de cette scène dans un parking souterrain (on en a vu mille, n’est-ce pas ?) : bien filmée, bien montée, bien interprétée, elle réussit à être angoissante et haletante.
Et voilà comme devant ce film, que je n’avais finalement que moyennement envie de voir, j’ai été agréablement surprise. Classique mais efficace. L’essentiel est peut-être de ne pas s’attendre à du grand cinéma.
En revanche, merci pour la visite surprise de l’acteur Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
Jason Bateman (« Arrested Development », Juno), qui s’amuse comme un fou avec son personnage et change enfin un peu de registre !
Mercredi 27 mai 2009


Christine Brown a tout d’une fille foncièrement adorable, avec sa petite bouille ronde, sa petite mèche tendrement bouclée, ses petits chemisiers tendres, et son empathie envers les clients de la banque pour laquelle elle travaille, lorsqu’ils remettent leur vie entre ses petites mains et lui demandent un prêt, qu’elle leur accorde, avec bonté.
Seulement voilà, derrière tout ça, Christine a aussi un passé de petite fermière dodue mal dans sa peau, une mère alcoolique qu’elle ne voit plus, un père décédé, un petit ami bien sous tous rapports mais dont les parents rêvent d’une autre femme pour leur fils, et surtout, un travail où, selon elle, elle n’est pas vue à sa juste valeur.
Ainsi, lorsque s’offre, de manière très claire, devant elle, le choix entre la gentillesse trop brave ou la réussite qu’elle croit avoir l’ambition d’atteindre, Christine fait un choix. Le mauvais, bien évidemment.
Dès lors, Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
Christine va accomplir peu à peu les pires actes qui soient : humiliation de vieille dame, attaque à coups d’agrafes, insultes, en passant par l’éventrage de chaton et la profanation de tombe.
Sam Raimi se fait plaisir, dès le début, avec ses écrans Universal à l’ancienne, et des scènes horrifiques à bases de monstres en flash, de matières gluantes, de sang qui jaillit, et j’en passe. Beaucoup de scènes font aussi rire que peur. Mais voilà : moi je n’y peux rien, tout ça m’effraie beaucoup, j’ai donc adopté, pendant plusieurs scènes, la feinte du « regardons plutôt le haut du siège de mon voisin de devant ». Ce qui ne m’empêche pas d’avoir sursauté, planté mes ongles dans tout ce qui m’entourait, et avoir eu le sang glacé plus d’une fois.
Mais il n’y a pas que ça, je crois. Oui, on peut voir dans tout ça une débauche de scènes d’horreur à la limite du grand-guignol, un seul but de divertissement pur et dur. Mais quand même… Ce personnage de Christine Brown est sacrément singulier. Je pense en particulier au fait que les manifestations de « Lamia » arrivent toujours à un moment particulièrement inopportun (avec le patron de la banque, avec les parents de son copain…). On peut y voir la manifestation physique d’une névrose (je suis trop gentille, mais au fond je suis mauvaise) déclenchée par ce « mauvais choix », choix par ailleurs relativement anodin dans la vie courante d’une banquière, mais trop insupportable pour Christine Brown. Dès lors, toutes les épreuves qu’elle traverse ensuite sont autant de punitions qu’elle s’inflige à elle-même. Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
(Destruction de sa maison, de son bonheur, de sa chance de se faire bien voir de ses beaux-parents, de sa chance d’être promue……)
Le final, Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
tout en lumière sur le quai de la gare, laisse apparaître un début de rédemption mais surtout de paix avec elle-même puisqu’enfin, elle reconnaît sa faute, et par là-même admet sa non-gravité. Mais il est trop tard, et dès qu’une trace de ses méfaits refait surface… c’en est fini de Christine Brown.
Alison Lohman (Les Associés, Big Fish…) est excellente, comme d’habitude, et le rôle semble presque écrit pour elle. Justin Long, dont j’avais déjà parlé pour Ce que pensent les hommes, est à mon sens toujours aussi chevalin et mollasson, sans pour autant être mauvais. Quant à Lorna Raver, elle est absolument ter-ri-fiante dans le rôle de Mrs Ganush…
Bien sûr, je ne reverrai jamais ce film ! brrrrrr
Mots-clés: Sam Raimi, Alison Lohman, Justin Long, Lorna Raver, Jusqu'en enfer, Drag Me To Hell
Vendredi 3 avril 2009


C’est un peu beaucoup dire que j’ai réellement vu ce film, étant donné que j’ai profité de son passage sur Arte il y a quelque temps pour y jeter un œil ; mais j’avoue avoir décroché de temps à autre pour, au choix, boire, regarder un truc sur internet, manger, etc.
Ma curiosité avait été attisée par le sujet ; après le falot Entre les murs et sa vision quasi-disneyienne du collège ZEP et des cours de français, je voulais voir si le cinéma français était capable de faire quelque chose de juste sur le système scolaire du pays et sur la condition des enseignants. Je n’ai pas moi-même été confrontée à des zones dites « sensibles », mais j’ai pu, à travers ma propre expérience et à travers le récit de jeunes collègues, avoir un aperçu assez précis de ce qu’est ce métier dans ces établissements-là, ce sacerdoce, ce sacrifice. D’ailleurs, c’est en fait, je crois, complètement crétin de se limiter aux ZEP. Stigmatisation inutile, car à mon sens, le fond du problème est le même partout. Même à Neuilly-sur-Seine. Mais je m’égare…
Alors, commençons par le positif. Le film a le mérite de ne pas sanctifier les petites terreurs, les élèves violents-parce-que-malheureux, comme on peut en voir des paquets ailleurs. Ici, pas de scène artificielle de l’éveil d’une classe médiocre qui, soudainement, se prendrait d’amour pour Molière suite à une révélation. Non, ici on est plus proche de la réalité, avec des élèves qui ont lâché prise depuis longtemps et que rien n’intéresse, à part leurs petites vies.
Du coup, le problème est que, sous couvert de ce ton « franc », ça va parfois trop loin, et ces élèves se transforment en clichés ambulants, on a finalement l’impression qu’aucun travers ne leur sera épargné, ce qui forcément, réduit la portée du discours…
Autre point positif, c’est montrer l’hypocrisie de l’encadrement administratif du collège, ainsi que la fausse tolérance prônée par quelques professeurs, qui, de peur de se mouiller, restent dans une acceptation un peu trop large de toute l’horreur qui est leur quotidien.
Mais du coup, encore une fois, ça va trop loin dans l’autre sens, et ça devient un peu problématique. Parce que oui, comment peut-on survivre en tant que professeur sans faire ce genre de compromis ? Et oui, n’a-t-on pas le droit de trouver des excuses à ces comportements, d’essayer de les comprendre, plutôt que de choisir l’opposition et le mépris systématiques ?
Et c’est comme ça, sur de probables bonnes intentions, que le film se transforme, sous les yeux des spectateurs, en un objet assez abject qui se retourne contre lui-même.
Isabelle Adjani offre une performance assez étrange. Au début, sa voix perchée et mal assurée, trop aiguë, est assez bien vue, symptomatique de ces professeurs dépressives qui ne savent, tout simplement, plus placer leur voix (ou qui ne l’ont jamais su). Mais là encore, on tombe, très vite, dans la caricature… Surtout que, quelques minutes plus tard, après le retournement de la situation, elle sort, de nulle part, une voix grave, presque rauque, posée et ancrée dans le sol. D’un point de vue de la technique dramatique, c’est habilement mené ; d’un point de vue vraisemblance et surtout finesse, ça laisse largement à désirer.
Ce moment où elle commence, enfin en position de supériorité, un cours (complètement nul, ceci dit au passage) sur Molière, est assez affligeant. On se demande un peu quel est le propos… Le rapport de force en faveur du professeur excuserait-il la pauvreté du contenu ?
Enfin, sur le point du racisme, le film est perpétuellement sur le fil. Mais penche quand même dangereusement d’un côté.
Pour conclure, j’ai trouvé que certains parti-pris étaient plutôt courageux, c’est d’autant plus dommage que tout, très vite, verse dans un excès qui transforme le propos en quelque chose de très, très douteux.
Quant à la réflexion sur l’éducation ? Elle est tout simplement stérile (puisque fonctionnant sur des clichés), et seuls les spectateurs qui connaissent le problème y seront réellement sensibilises.
A mes yeux, un échec quasi-total.
A part, comme toujours, le fait que je me félicite, comme chaque jour qui passe, d’avoir quitté ce métier. Lâche mais salvateur.
Mercredi 5 novembre 2008


J’aime beaucoup les romans policiers de l’islandais Arnaldur Indridason, alors c’est avec impatience que j’attendais l’adaptation du premier connu chez nous, « La cité des jarres ».
Tout d’abord, l’ambiance. L’Islande. Le froid. La lumière. Les étendues désertiques.
On n’est loin des images office de tourisme : certes, c’est fascinant, et on peut y trouver une certaine beauté, mais il y a avant tout dans tout cela une sensation glauque et pesante assez incroyable.
Ensuite, les acteurs. Les personnages, dans les livres, sont à la fois très attachants mais aussi très brouillons, très imparfaits. Dès les premières scènes, je sais que les choix ont été bons, avec cet inspecteur à gros pull, sa collègue enveloppée et bourrue et la fille rebelle en décrépitude.
Pas de secret : c’est une adaptation islandaise, un réalisateur islandais.
Je crains le pire en ce qui concerne le remake américain à venir, mais qui sait…
En attendant, on a là un film policier loin de tous les codes qui font le triomphe des Experts et autres fantasmes télévisuels.
Ici, c’est sale. On marche dans les preuves, on déterre des squelettes au milieu des pires matières, et ça sent mauvais.
On mange des têtes de mouton avec les doigts.
J’adore.
Mercredi 5 novembre 2008


Film relativement intéressant, jouant avec l’acteur Jean-Claude Van Damme et son image, loin des gloussements faciles made in « Enfants de la télé » ou autre école du zapping.
L’ensemble n’est pas forcément très maîtrisé mais l’acteur y trouve un écrin assez approprié à sa personnalité bien à part. Une scène centrale frappante de sincérité.
Lundi 3 mars 2008


Juno est trop bien. Elle a un téléphone hamburger qu’elle utilise pour appeler le planning familial. (Parce que, au cas où vous ayez raté ça, Juno a 16 ans et elle est enceinte. Et alors ? dit l’affiche). Juno a 16 ans mais elle n’écoute pas de la musique pourrie. Juno boit son jus d’orange à même le bidon en plastique. Juno n’est pas superficielle. Juno a des super goûts en tout, juste un peu décalée pour ne pas être parfaite. D’ailleurs, la grossesse semble glisser sur elle, étant davantage un accessoire qu’une condition un peu compliquée.
Juno le film est un peu comme ça, juste un peu décalé pour ne pas être parfait, mais cherchant à être parfait quand même. Le générique de début, sa BO atrocement ‘US independant’, ses petits tics de réalisation… Bon moi je me tape un peu la tête contre le mur. La BO d’ailleurs ira, petit à petit, en s’arrangeant, mais l’enchaînement des premiers morceaux est d’une VIOLENCE… on dirait une radioblog en fait.
Évidemment, petit à petit, comment ne pas se prendre de tendresse pour Juno, sa famille, ses amis ? Impossible. A moins d’être inhumain. En revanche, les choses qui me chavirent viendront d’ailleurs. Quand le mari, par exemple, annonce avec une liberté souriante qu’il va quitter sa femme. Et que Juno pique une colère et sombre dans un désespoir sans nom. Ces sentiments-là, ces affrontements-là, et la scène qui suivra avec son père, sont à mon sens bien plus vraies et bien plus touchantes que tout le reste. Et puis pouf, « Expectations » de Belle & Sebastian je ne résiste pas.
Et enfin, Jennifer Garner, parfaite et bouleversante, dans chacune de ses apparitions. Son lien avec Juno, sans être trop appuyé, est très bien écrit et très bien utilisé dans la progression du scénario.
En bref, Juno (le personnage et le film) me fait parfois frôler l’agacement à force de poser dans un style un peu forcé, mais réussit à briser toutes mes défenses au final. [Très jolie dernière scène...]
Mercredi 18 janvier 2006

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