Happiness (Todd Solondz)

Samedi 15 mai 2010

happiness.jpg
4-5.png

Un groupe de personnages tourmentés par des monstruosités plus ou moins intenses, des névroses plus ou moins profondes, des crimes plus ou moins graves. Trois soeurs, Joy, Trish et Helen, les relient.

J’ai voulu voir ce film qui, aujourd’hui, a plus de dix ans, suite à la vision de la bande-annonce du dernier film de Todd Solondz, Life During Wartime (et que j’ai vu depuis, et dont j’espère vous livrer un petit avis avant 10 mois). J’avais enregistré Happiness il y a longtemps, à l’époque où les VHS étaient encore une merveille du quotidien (associées à un bon abonnement satellite).  Mais, connaissant vaguement le genre et l’ambiance du film, je n’avais jamais trouvé le courage de le regarder.

Certes, c’est sombre, c’est cynique, et c’est, parfois, volontairement et gratuitement provocateur. Les personnages sont tous plus misérables (et méprisables ?) les uns que les autres.
Le film a un peu vieilli, et ce qui pouvait paraître atrocement choquant en 1997 est désormais de l’ordre du commun (ce qui n’est pas forcément une bonne chose, cela dit). On n’est pas non plus dans du Larry Clark.
Mais, étrangement, ça ne m’a pas plus rebuté que ça.
En fait, les acteurs sont tous assez bons (on découvrait quasiment, à l’époque, Philip Seymour Hoffman, ici suintant et aussi pitoyable que possible, image qui allait lui coller longtemps à la peau). Je sors surtout du lot Jane Adams, qui incarne Joy, le (presque) personnage principal, qui est, je trouve, profondément tragique, mais qu’elle interprète avec une sorte de fraîcheur désespérée assez incroyable. Je crois qu’elle n’a pas fait grand-chose depuis.

Intéressant mais un peu trop distancié, le film se plaît en tout cas à regarder les humains dans leurs pires travers, leurs pires lâchetés. Certes, on a parfois l’impression d’être un chaton à qui on met le museau dans ses bêtises, mais il se dégage quand même pas mal d’idées bien vues.

A déconseiller aux âmes sensibles néanmoins.

Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo (Jon Hurwitz & Hayden Schlossberg)

Mardi 22 décembre 2009

Harold___Kumar_escape_from_Guantanamo_Bay.jpg
2.png

Harold est décidé à rejoindre Maria à Amsterdam. Kumar se décide, bien  entendu, à l’accompagner, mais de multiples méprises vont les entraîner à être pris pour des terroristes…

Après le premier volet des aventures de nos deux amis (voir mon avis ici), qui avait été plutôt une bonne surprise, je partais donc cette fois avec un a priori plutôt positif.

Mal m’en a pris, car ce deuxième épisode est aussi lourdingue que le premier était sympathique. Le montage de gags les uns après les autres se fait cette fois encore  plus sentir, et passe mal. D’autant plus mal lorsqu’on frôle la nullité totale (la rencontre avec G.W. Bush, par exemple).

Le film surfe sur la vague de succès du premier opus et ne passe son temps qu’à caresser son public majoritaire (masculin, vingtaine d’année, étudiant, hétéro…) dans le sens du poil, et on se retrouve avec des scènes d’une démagogie assez terrible.

Les personnages, qui étaient vaguement attachants, sont devenus des stéréotypes un peu tristes et des prétextes aux pires péripéties.

En bref, vraiment dispensable…

Hors du temps (Robert Schwentke)

Dimanche 11 octobre 2009

time-traveler21.jpg
4-5.png

Henry DeTamble est, depuis le jour de la mort de sa mère lorsqu’il avait 5 ans, atteint d’une pathologie bien particulière : régulièrement, sans pouvoir le prévoir ou le contrôler, il disparaît du lieu et du moment où il se trouve pour voyager dans le temps, sans vêtements ni repères. Mais il rencontre un jour celle qui sera son attache au présent, Clare Abshire, la femme qu’il aime. Mais cette dernière le connaît depuis qu’elle est toute petite ; en effet, Henry plus âgé est souvent venu la voir…

J’attends ce film depuis que le projet a été annoncé et que ma copine Rachel McAdams a été annoncée pour interpréter le rôle titre. Rôle titre, oui, parce que le titre original est « The Time Traveler’s Wife », « La femme du voyageur dans le temps ». J’ai aussitôt entrepris de lire le roman dont le film est l’adaptation, « Le temps n’est rien », de Audrey Niffenegger (pourquoi se contenter d’un seul titre VF, enfin, voyons, ce serait dommage). Et le fait est que ce livre m’a bien plu, par sa construction atypique en particulier : une alternance de passages du point de vue de Clare et d’autres du point de vue de Henry, tout en se concentrant davantage sur la chronologie de la vie de Clare que sur celle de Henry. Histoire d’amour à la fois romantique mais dure par certains aspects (la relation finit par devenir difficile, et franchement désespérée au bout des nombreuses tentatives de grossesse), le roman semblait être fait pour être adapté sur le grand écran.

Comme la plupart des gens, j’ai déchanté en voyant le nom de Robert Schwentke (Flightplan) aux commandes. Du coup, mon attente a terriblement baissé. D’autant que film a mis un temps fou à sortir… Il était enfin prévu pour 19 août en France, mais a finalement été repoussé au 25 novembre…
Curieuse malgré tout, j’ai profité d’un voyage à Londres début septembre pour découvrir le film et voir s’il allait être aussi catastrophique que ce que je craignais.

Alors non. Pas tout à fait. Pas vraiment. Les acteurs sont bons. Le couple fonctionne plutôt (Eric Bana, Rachel McAdams) et surtout, les moments durs sont réellement émouvant (la fin, en particulier). La photo est parfois étrange, mais moins terrible ce que ce laissait présager la bande-annonce, où tous les visages semblaient lissés et surexposés. Il y a toujours quelques effets étranges sur le visage de Clare petite,mais l’ensemble a un style assez particulier, en touches de couleur.

Cela étant, on a la désagréable sensation de se trouver devant une bande-annonce géante tirée du livre. Tout va beaucoup trop vite, les événements s’enchaînent sans qu’on aie le temps de s’imprégner des choses. La relation entre Henry et Clare s’enclenche trop rapidement, s’installe trop rapidement. Les personnages secondaires passent presque totalement à l’as, ce qui est parfois bien dommage (à quoi sert Gomez ici ???)

Et puis surtout, le scénario choisit de suivre la chronologie de Henry ; c’était probablement la seule solution pour faire un film de moins de 3 heures, mais c’est une véritable impasse d’adaptation.

Vous l’aurez compris, mon appréciation de ce film est terriblement subjective, liée à mon affection pour Rachel McAdams (touchante comme d’habitude, mais qui ne trouve pas ici le rôle de sa carrière, ce qu’il aurait pu être…) et à mon attachement pour le livre. Mais à en juger par les réactions des autres spectateurs (des Anglais, certes, mais bon), je crois que le film fonctionne, en tant que bon gros mélo. Quelques scènes sont vraiment touchantes et il faut être très fort pour rester de marbre en les voyant.

Mais, puisque vous en avez encore le temps, je ne saurais que vous conseiller d’accorder quelques instants à la visite de votre librairie ou de votre bibliothèque préférée pour découvrir le roman de Audrey Niffenegger : c’est un bon moment de lecture et le film ne vous en paraîtra que meilleur. Car le livre n’est pas simplement un bon gros mélo. Ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle, mais c’est plus que ce que le film pourrait laisser penser.

Je reverrai certainement le film en salles en France et peut-être que je déchanterai à nouveau…

Lire aussi :

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (David Yates)

Samedi 1 août 2009

harrypotter6.jpg
4.png

Après le combat contre Voldemort devant lequel tout le monde a fini par croire Harry et Dumbledore à propos du retour du Prince des Ténèbres, c’est la sixième année à Poudlard pour nos trois amis. Au milieu d’un monde qui se peuple d’ennemis et de noirceur, les adolescents sont tourmentés par leurs sentiments… tandis que Harry découvre à l’aide de Dumbledore des secrets d’une importance capitale sur leur ennemi juré.

« Leur ennemi juré ». Rien ne définit plus mal Voldemort, quand il s’agit de la saga de J.K. Rowling. Pourtant, à travers ce film et le précédent, c’est à peu près tout ce que cela m’inspire. Je trouve que jamais on ne prend autant la mesure de ce qu’est vraiment Voldemort, de ce qu’il représente pour le monde des sorciers tout comme pour le monde en général. Il est presque devenu un « méchant » comme un autre. Dommage.

Cela étant dit, ce sixième épisode, pourtant réalisé par David Yates aussi, tout comme le cinquième, est nettement plus réussi. Plus fluide, plus intelligent, il arrive à imposer un certain rythme et un certain sens du divertissement.

Le livre insistait beaucoup sur tout l’aspect émotionnel et relationnel qui occupe Harry, Ron, Hermione, et les autres. C’est en effet d’une grande importance et c’est ce qui fait aussi la force des derniers tomes de la saga : mettre à même échelle un combat contre le mal absolu, et la lutte intérieure due aux affres du sentiment amoureux.
Dans le film, ces scènes sont très réussies. L’actrice qui interprète Lavande Brown (Jessie Cave) est très bien, avec son joli visage un peu niais ; Emma Watson arrive à émouvoir avec ses petits oiseaux ; Ginny pourrait être mieux lotie mais enfin, elle n’est pas si mal. Et puis Rupert Grint a enfin quelque chose à jouer. Il devait être content de ne pas se contenter de grimacer et de grogner, pour une fois… et il s’en sort vraiment très bien. On sent que David Yates est passionné par cet aspect de l’histoire, par ce personnage sacrifié, à l’âme de perdant, qui cache pourtant un énorme potentiel.
Que peut-on avoir à redire à ça ? Rien, tout est très juste, bien vu, bien amené.
Le seul problème, c’est que tant d’autres choses ont été coupées via l’adaptation, que ces petits problèmes de cœur et de Ron prennent, proportionnellement, une importance démesurée. Et même s’ils sont intéressants et bien faits, il en ressort quelque chose de trop déséquilibré, et surtout de trop léger.

On passe en effet beaucoup trop vite sur ce qui faisait la force de ce sixième tome, à savoir tout l’arrière-plan qui se dessinait autour de Tom-Voldemort, presque une mythologie, qui donnait des frissons et rendait les événements vraiment pesants et angoissants. Voilà comment l’histoire perd tout son poids, à mon avis.

A l’image de ce final, où les modifications – que je ne soulignerai pas, par paresse, et parce que les lecteurs les connaissent et que les non-lecteurs s’en fichent – sont à mon avis assez malvenues. Les Mangemorts sont à peine inquiétants, et alors qu’on « attend » leur arrivée pendant tout le film, leur unique scène est assez fade, d’autant qu’on dirait que leur entrée dans Poudlard n’a quasiment aucune incidence. Pour le reste, l’émotion liée à cette fin est quasi nulle (je passerai sur les baguettes brandies vers le ciel telles des briquets pendant un concert pour midinettes), et d’ailleurs le film se clôt presque sur une note d’espoir, là où J.K. Rowling nous laissait presque désespérés…

J’avais pris garde de ne pas avoir trop d’échos critiques sur le film, mais je n’ai pas réussi complètement, et je crois que je me suis laissée imprégner de trop d’avis positifs, même chuchotés, et que ma déception vient de là.

Il faut quand même avouer que le film fonctionne bien mieux que l’Ordre du Phénix, et qu’il pourra plaire aux non-lecteurs par toute cette partie « romance » qui est assez amusante. Mais enfin… les Inferi, réduits à des Gollum au rabais ? Les Horcruxes, dont Dumbledore semble apprendre l’existence alors qu’il en a déjà trouvé deux et presque trois ? Le premier baiser de Ginny, autrement plus fort dans le livre, à la fin de cette terrible journée ?
Et puis j’en attendais bien plus d’Alan Rickman. Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

Patience maintenant, jusqu’au final, Harry Potter et les reliques de la mort, premier tome à être adapté en deux volets (sorties prévues en 2010 et 2011)… On comprend que ça n’ait pas été possible plus tôt (la croissance des trois acteurs, et en particulier celle de Daniel Radcliffe, est déjà assez catastrophique avec seulement un film par an) mais on se demande un peu pourquoi, d’un coup…

En tout cas, après cette frénésie Harry Potter, il va falloir que je passe à autre chose !


Lire aussi :

Sur les livres :

Sur les films :

Harry Potter et l’Ordre du Phénix (David Yates)

Dimanche 26 juillet 2009

hp5-1.jpg
3-5.png

Comme tous les étés, Harry est coincé à Privet Drive. Cet après-midi là, dans le square, Harry se dispute avec son cousin Dudley, quand deux Détraqueurs font leur apparition, et attaquent les deux garçons. Harry réussit à produire les Patronus qui les sauveront, mais cet exercice de la magie hors de Poudlard lui vaut d’être soumis à une audience disciplinaire au Ministère de la Magie… Peu après, il découvre que personne ne les croit, lui et Dumbledore, au sujet du retour en force de Voldemort, et que le ministre cherche à étouffer leur parole.

Le voilà, le film le plus raté de la saga selon moi. C’est dommage, car le livre est pourtant loin d’être le moins bon. David Yates fait un travail honorable, mais sans éclat. Le début du film est relativement bien réussi, mais peine rapidement, encore une fois peut-être par trop de matière à condenser, car le tome 5 de J.K. Rowling est un gros morceau.

Beaucoup de choses sont bien faites, mais n’ont jamais la moitié de l’impact que la lecture peut produire ; en outre, pour un non lecteur, le film est difficile à suivre (je me rappelle de ma première vision à la sortie, où j’avais trouvé l’ensemble d’un ennui sans nom). En effet, les événements importants sont retranscrits, mais on n’en comprend les réels enjeux que si on les connaît – j’exagère, bien sûr, mais c’est un peu l’idée.

Au rayon des suppressions regrettables du livre au film : l’évolution de Petunia Dursley ; le flou qui règne autour de la généalogie de Sirius Black (de qui est-il fils, frère, tout cela est mal amené) ; tout ce qui concerne les elfes de maison (même si c’est trop dilué dans les livres), et Kreattur en particulier ; les petits copains de Ginny ; l’hôpital Sainte-Mangouste et ce qui s’y passe.

Comme d’habitude, tout passe trop vite. On voit que Dumbledore évite Harry, on voit une ou deux leçons d’occlumancie, et c’est tout, tout est résolu en un clin d’œil (alors que c’est le creuset de toute la suite). Les tortures de Dolorès Ombrage, alors qu’elles étaient si vives dans le roman, semblent ici relativement anodines. Mais surtout, le combat au Département des Mystères est, là encore, très sage, et on se rend à peine compte de la gravité de ce qui s’y passe, les enfants sont à peine blessés, on est loin du carnage du livre… C’est l’échec le plus regrettable de cette adaptation, car c’est évidemment un moment crucial, qui devient d’un ennui mortel.

Du côté du casting, rien de spécial à noter, si ce n’est que Imelda Staunton (vue dans Vera Drake) est vraiment parfaite dans le rôle de Ombrage, propre, rose, souriante, cruelle, injuste, détestable. Dommage que le personnage ne soit pas mieux exploité dans le scénario. De la même manière, la petite Evanna Lynch est l’idéale Luna Lovegood, elle en a la douceur, la folie, la simplicité, la tranquillité. En revanche, je suis plutôt perplexe quant au choix de Helena Bonham Carter, que pourtant j’adore, dans le rôle de Bellatrix Lestrange. Elle y met une hystérie superflue et ridicule là où la froideur la plus extrême serait bien plus impressionnante. A voir dans les épisodes suivants…

Lire aussi :

Sur les livres :

Sur les films :

Harold et Kumar chassent le burger (Danny Leiner)

Samedi 25 juillet 2009

harold-and-kumar-go-to-white-castle-1.jpg
3-5.png

Harold travaille dans une entreprise où il s’ennuie et se fait exploiter par ses collègues ; Kumar, étudiant eh chirugie pourtant très doué, refuse de réussir dans cette branche. Tous deux adorent traîner ensemble, au milieu d’un double culte : les drogues douces et le fast food. Au moment où, à la télévision, passe un spot pour la chaîne de burgers « White Castle », ils n’ont plus qu’une idée en tête : se goinfrer de ces burgers, et précisément ceux-là. Mais c’est une longue quête qui commence…

Bon, quand on lit le synopsis, on se dit qu’on a un peu touché le fond.
Mais sous ses dehors de film crétin, Harold et Kumar cache un esprit plutôt malin, et en tout cas au-dessus de la moyenne du genre.

Cela tient à peu de choses. Ses interprètes tout d’abord, inconnus au bataillon ou presque : John Cho, avant cela, avait incarné un bon nombre de trentième rôle, avait trempé dans la série des American Pie ; depuis, on l’a vu dans Star Trek, dans le rôle de Sulu. Quant à Kal Penn, c’est un peu pareil, et son plus grand rôle doit être celui du Dr Kutner dans Dr House. Ils sont tous deux assez convaincants pour le style, et évitent le surjeu de bon nombre de leurs aînés plus connus. C’est peut-être aussi ce qui fait le charme de ces deux personnages : ils sont ordinaires, ce sont les garçons d’à côté, qui ne vont pas chercher bien loin mais qui sont malgré tout sympathiques. A noter quelques guest stars : Neil Patrick Harris (les séries « Dr Doogie », « How I Met Your Mother »), Malin Akerman (La femme de ses rêves, Watchmen), Ryan Reynolds (Blade: Trinity, Amityville, The Green Lantern en 2011, et M. Scarlett Johansson à la ville).

Ainsi, malgré l’indigence du récit et la simplicité frôlant la bêtise de certaines scènes et certains gags (le plus laid étant probablement la scène du guépard), on finit le film avec un sourire. Tout d’abord parce que cette vacuité du synopsis est absolument assumée, et que le film en joue, et ensuite parce que l’esprit qui s’en dégage est vraiment bon, un gentil manichéisme qui n’en fait pas trop, qui se permet d’être malicieux, et qui fait qu’on est réellement contents pour les personnages. Le film parie sur eux et l’empathie des scénaristes est contagieuse. A mille lieues du « film méchant », Harold et Kumar se sauve par cette folle sympathie ambiante.

Évidemment, « sympa » ne suffit pas.
Mais enfin, c’est suffisant pour avoir envie de jeter un œil, à l’occasion, à la suite : Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo. A noter qu’un troisième volet se préparerait, intitulé A Very Harold & Kumar Christmas (Un Noël très Harold et Kumar).

[Le film n'étant pas sorti en France, contrairement à sa suite, je le classe à son année de production, 2004.]

Harry Potter et la Coupe de Feu (Mike Newell)

Vendredi 24 juillet 2009

hp4.jpg
5.png

Cette année à Poudlard est organisée le Tournoi des Trois Sorciers, destiné à faire concourir trois élèves âgés de plus de 17 ans, chacun venant de l’une des trois écoles de magie participantes. Or, une fois que les trois champions ont été désignés par la Coupe de Feu, c’est le nom de Harry Potter qui sort. Lié à la coupe par un sortilège, il n’a pas d’autre choix que de participer à la compétition, malgré les dangers immenses que cela implique…

Je vous renvoie à mon avis de l’époque pour voir ce que je pensais de ce film à sa sortie.

Ainsi, oui, ma note ne change pas, mais après revision du troisième volet, la tendance se confirme, et c’est probablement à ce jour l’épisode cinématographique de Harry Potter que je préfère.

Je ne vais donc pas répéter ce que je disais en 2005, mais en effet, ce qui fait pour moi la différence avec le 3, c’est un scénario plus riche – là où l’autre avait de son côté, indéniablement, la mise en scène…
Pourtant, là encore, le quatrième tome était un livre encore plus long que les précédents, et là encore, les coupes sont larges, trop larges, mais inévitables (le film dure déjà 2h30 !)

Physiquement, il est toujours très étrange de voir à quel point Daniel Radcliffe continue d’être en décalage avec ses deux camarades. Évidemment, on peut voir cela comme une matérialisation du décalage du personnage, qui grandit trop vite… mais il faut avouer tout de même que des trois, c’est probablement lui qui s’en sort le moins bien au niveau du jeu… mais c’est un rôle difficile et relativement ingrat.
Amusant de voir l’ami Robert Pattinson, idole des jeunes depuis Twilight (que je n’ai pas vu), pour lequel je n’ai aucune admiration particulière mais aucun rejet particulier non plus ; à vrai dire, je trouve son interprétation de Cedric Diggory très solide, très proche du livre.

Car oui, malgré les coupes, les raccourcis, les accélérations malvenues, le film réussit le miracle d’être malgré tout assez fidèle à l’esprit du livre. Bien sûr – et en 2005 je n’aurais jamais pensé dire ça un jour – le livre est bien plus puissant. Mais cette scène finale, dans le cimetière, bien que trop rapide, est tout de même très réussie. Le film donne l’idée d’un véritable tournant, comme si les choses sérieuses commençaient réellement à partir de là. Ce qui est exactement le cas du livre.

Je regrette : la mise à l’écart des elfes de maisons (forcément préjudiciable pour la suite) et de Percy Weasley, l’arrivée trop rapide des deux autres écoles, la coupe du monde passée en deux coups de cuillère à pot et bâclée dans ses enjeux, et la suppression de toute vie scolaire parallèle au tournoi…

Lire aussi :

Sur les livres :

Sur les films :

Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban (Alfonso Cuaron)

Jeudi 23 juillet 2009

harrypotter3.jpg
4-5.png

Lassé de se faire molester chez son oncle et sa tante, Harry Potter décide de quitter le foyer des Dursley plus tôt que prévu. Il sort et tombe sur un bus magique qui l’emmène à Londres. Il apprend peu après qu’un dangereux meurtrier, Sirius Black, s’est échappé de la prison d’Azkaban, et qu’il n’a qu’un seul but : retrouver Harry et le tuer…

C’est certainement, de tous les films de la série à ce jour, celui qui a le plus de style. Depuis les premières secondes jusqu’au générique de fin, cet épisode se distingue de tous les autres par ses choix esthétiques et par sa mise en scène beaucoup plus présente.

C’est étrangement quelque chose qui me dérange pendant les scènes à Privet Drive chez les Dursley (une image un peu trop réaliste à mon goût, un peu trop moderne aussi) mais par la suite, qu’on adhère aux choix ou non, il est indéniable qu’il y a ici une signature et une inventivité très fortes. Même John Williams essaie de se casser un peu la tête pour sa bande originale.

Du côté de l’adaptation, alors que ce tome 3 n’est pas très long (comparé aux suivants) mais l’est néanmoins plus que les deux premiers, on commence à sentir quelques coupes, par-ci par-là. Rien de gênant néanmoins car cette fois, le déroulement du temps est intelligemment marqué (à travers, en particulier, le saule cogneur à travers les saisons, drôle et poétique) et le récit s’articule vraiment bien.

Comme je le disais pour le livre, je suis un peu bloquée par le paradoxe temporel (en effet, si, dans la « première réalité », Harry et ses amis reçoivent des cailloux, cela signifie que la « deuxième réalité » a déjà eu lieu, ce qui est bien sûr logiquement impossible). On est là plus dans le clin d’œil, l’artifice amusant, mais c’est dommage, je trouve. L’adaptation n’y est pour rien, évidemment.

La grande réussite de cet épisode, ce sont ses personnages, car David Thewlis est parfait en Lupin, et, bien sûr, Gary Oldman est idéal dans le rôle de « l’infâme meurtrier Sirius Black ». Et puis Rogue. Enfin, il prend un peu plus d’épaisseur et son ambiguïté devient un (petit mais réel) moteur. De manière générale, tous les acteurs semblent bien dirigés et sont moins en roue libre que dans La Chambre des secrets. Les jumeaux Weasley commencent à prendre un peu de temps à l’écran, et le casting est parfait là aussi. Michael Gambon remplace Richard Harris (suite au décès de ce dernier) et interprète un Dumbledore moins débonnaire, mais qui ne s’en adapte que mieux à l’évolution du personnage.

Au rayons des effets spéciaux, les Détraqueurs sont bien faits et glaçants comme il faut, la scène du Magicobus est époustouflante, Buck l’hippogriffe a une vraie présence, et la carte du Maraudeur est fascinante.

En revanche, étrangement, je ne trouve pas ce film tout à fait dans l’esprit des livres… Sans trop savoir à quoi cela tient précisément. En tout cas, beaucoup d’éléments de l’histoire sont sacrifiés, et, si ces manques ne sont pas un handicap pour cet épisode-ci, ils lestent un peu la suite (on ignore Percy Weasley, on fait faire de la magie à Harry dans son lit pendant les vacances sans que cela soit grave, on ne connaît pas les circonstances de la création de la carte du Maraudeur, ni ce qui liait les créateurs, ni qui ils étaient…)

Mon plus gros regret serait que le récit est, à mon avis, moins fort émotionnellement qu’il ne pourrait l’être à certains moments, à cause d’un regard de metteur en scène certes expert mais parfois un peu distant.

Lire aussi :

Sur les livres :

Sur les films :

Harry Potter et la chambre des secrets (Chris Columbus)

Samedi 18 juillet 2009

Harry-Potter-and-the-Chambers-of-Secrets.jpg
4.png

Avant sa deuxième rentrée à Poudlard, Harry Potter est averti par Dobby, un elfe de maison, qu’il court un grand danger. Souhaitant plus que tout retrouver l’école, qu’il considère comme sa vraie maison, Harry ne prend pas au sérieux ces menaces. Pourtant, dès son arrivée, des événements de plus en plus étranges vont se produire : il entend une voix terrifiante que personne d’autre n’entend, des objets ensorcelés semblent s’en prendre à lui, il se découvre des pouvoirs inconnus et lorsque des élèves se font mystérieusement pétrifier, c’est lui qu’on accuse…

Cet épisode est pour moi, au cinéma, nettement plus faible que le premier, car beaucoup plus axé sur l’action, et du coup plus faible sur les personnages et sur les enjeux, mais qui se sauve par quelques scènes de bravoures réussies.

Le charme de l’introduction est passé ; la construction et la progression du film ne sont plus aussi fluides que dans le premier épisode. Déjà, alors que le livre n’est pas très long, on sent les coupes, on sent les accélérations dans le temps, on ne se repère que grâce à quelques dates (l’anniversaire de Harry, la rentrée, Noël…) qui s’enchaînent sans un réel sentiment d’ellipse.

Au niveau des acteurs, Daniel Radcliffe a déjà grandi deux fois plus vite que ses camarades Rupert Grint et Emma Watson, dont les visages et les voix sont encore très enfantins. Le rôle de Drago se limite à une opposition systématique, peu subtile et Tom Felton s’en sort assez mal, se contentant d’appuyer exagérément les consonnes occlusives (dont le terrible P de Potter, qu’il prononce toujours de la même manière). Alan Rickman n’a rien à faire, vu le faible rôle donné à Rogue, à part peut-être dans la scène des duels – et son ébahissement devant Harry parlant le Fourchelang. Les autres professeurs ne se distinguent pas tellement non plus ; Kenneth Brannagh nous offre une prestation cartoonesque amusante mais encore une fois assez peu subtile. Le vrai nouveau, et de taille, c’est Jason Isaacs dans le rôle de Lucius Malefoy, qu’il interprète avec un certain talent, même si l’écriture du personnage n’est pas encore au rendez-vous. Quant à Christian Coulson, il campe un Tom Jedusor bien faiblard par rapport aux enjeux.

La scène épique finale perd ainsi beaucoup par rapport au livre. Tout est diminué en intensité, depuis le combat avec le basilic avec l’arrivée du phœnix et la découverte de l’épée : tout cela était beaucoup plus haletant et émouvant à l’écrit. Quant à la conclusion autour de Hagrid, elle est démesurément allongée, démesurément tire-larmes, alors qu’il n’y a pas assez de matière pour tirer quoi que ce soit…

Le film se sauve par quelques scènes qui fonctionnent bien et qui surprennent un peu : l’atterrissage de la voiture volante dans le saule cogneur, les mandragores, Ron vomissant ses limaces, et bien sûr la visite chez Aragog et ses copines qui, bien que très peu réalistes, réussissent tout de même à être inquiétantes à souhait. Et puis bien sûr, les premières découvertes des points communs entre Harry et Voldemort, qui, bien que peu appuyées, fournissent les informations minimales pour la suite.

Lire aussi :

Sur les livres :

Sur les films :

Mots-clés: Harry Potter et la chambre des secrets, Chris Columbus, Harry Potter and the Chamber of Secrets, Harry Potter, Dobby, Poudlard, Hogwarts, Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Drago Malefoy, Draco Malefoy, Tom Felton, Alan Rickman, Severus Rogue, Severus Snape, Kenneth Brannagh, Jason Isaacs, Lucius Malefoy, Christian Coulson, Tom Jedusor, Tom Riddle, Rubeus Hagrid, Ron Weasley, Aragog, Voldemort
Tags :   

Harry Potter à l’école des sorciers (Chris Columbus)

Samedi 18 juillet 2009

Harry-Potter-and-the-philosophers-Stone.jpg
4-5.png

Harry Potter est orphelin et élevé durement par son oncle et sa tante. Le jour de ses 11 ans, il apprend qu’il est un sorcier et qu’il doit faire sa rentrée à Poudlard, l’école de sorcellerie. Il découvre aussi qu’il est célèbre, dans ce monde de magie, pour avoir été le seul être à survivre au maléfice lancé par Voldemort, terrifiant sorcier, adepte de magie noire et dont le pouvoir n’avait cessé de grandir jusqu’au soir où, après avoir attaqué Harry, il avait disparu. Mais Harry va vite se rendre compte que Voldemort est désormais de retour, très affaibli, à la recherche de la pierre philosophale, qui lui donnerait l’immortalité et lui permettrait de retrouver sa puissance.

A la sortie du film en 2001, je connaissais à peine les livres de réputation et j’avais été relativement enchantée par ce premier épisode – regrettant néanmoins de ne plus être âgée de 11 ans, car c’est un fabuleux film pour enfants.

Chris Columbus (Maman j’ai raté l’avion, Madame Doubtfire) signe ici un film efficace, sans génie, mais rythmé, bien construit, et surtout, très cohérent. Les décors sont soignés, fidèles au livre, et propices à l’imagination, sans faute de goût ; les interprètes sont très bien choisis, de Ron (Rupert Grint) à Rogue (Alan Rickman, le meilleur de tous probablement), en passant par McGonagall (fascinante Maggie Smith), Hermione (Emma Watson), Hagrid (Robbie Coltrane) ou Drago (Tom Felton, parfaitement détestable et pitoyable à la fois). Dumbledore est ici interprété pour la première et avant-dernière fois par Richard Harris. La musique de John Williams n’est pas des plus originales mais produit un thème facilement mémorisable.

Tous les acteurs semblent prendre du bon temps ; la première partie du film s’acquitte très bien de sa mission d’introduction et de présentation, avec l’émerveillement de découvrir les lieux et les univers (le chemin de traverse, le Poudlard Express, Poudlard…) ; puis il bascule assez habilement vers une deuxième partie, resserrée autour de la pierre philosophale et des aventures qui s’en suivent.

Ainsi pour moi, même si le film ne me produit pas grand frisson ou un enthousiasme débordant, c’est un premier épisode très réussi, qui répond au cahier des charges, avec les ingrédients essentiels d’un bon film pour enfants : un petit éclair d’innocence et d’émerveillement, et le désir de voir la suite, bien entendu.

Lire aussi :

Sur les livres :

Sur les films :

Mots-clés: Harry Potter à l'école des sorciers, Harry Potter and the Philosopher's Stone, Chris Columbus, Maman j'ai raté l'avion, Home Alone, Madame Doubtfire, Mrs Doubtfire, Harry Potter, Voldemort, Ron Weasley, Rupert Grint, Severus Rogue, Severus Snape, Alan Rickman, Minerva McGonagall, Maggie Smith, Hermione Granger, Emma Watson, Rubeus Hagrid, Robbie Coltrane, Drago Malefoy, Draco Malefoy, Tom Felton, Albus Dumbledore, Richard Harris, John Williams, Poudlard, pierre philosophale, philosopher's stone
Tags :