Mercredi 17 mars 2010


George Simmons, comédien comique à succès, apprend qu’il est atteint d’une maladie mortelle et rare. Alors qu’il traverse une période de bilan sur sa vie, sur la femme qu’il a laissée partir en particulier, il se lie avec Ira, comique débutant, qu’il embauche d’abord pour lui écrire des sketchs, puis pour l’assister au quotidien.
J’ai finalement décidé de voir ce film récemment, après l’avoir raté en salles, juste pour voir Jason Schwartzman, qui depuis que j’ai découvert sa musique, a encore plus ma sympathie qu’avant. (Bon, cela dit, on le voit très peu ici.)
Dernier film en date de Judd Apatow, il est réputé pour être un peu différent des autres, plus grave, moins potache. On reste tout de même toujours dans le domaine des personnages qui sont encore avec un (gros) pied dans l’adolescence, que ce soit au niveau de leur mode de vie ou au niveau de leur maturité sentimentale.
Adam Sandler ne cherche pas à rendre son personnage plus sympathique qu’il ne l’est, et ça, c’est un bon point. Seth Rogen, aka « Mantis« , dans le rôle du jeune comique, s’en sort beaucoup mieux, avec sa sensibilité un peu à part, son empathie qui rentre parfois en conflit avec sa morale. Ses colocataires (Jonah Hill et, donc, Jason Schwartzman), sont assez drôles et leur relation est presque émouvante, entre les tensions qui, fatalement, les déchirent, et l’amitié qui les lie malgré tout.
La meilleure performance est quand même livrée, et de loin, par Eric Bana, qui force pour l’occasion un magnifique accent australien, et qui s’en donne à cœur joie dans le rôle de ce mari un peu frustre, mais enthousiaste et direct, et assez touchant dans sa relation à sa famille, à ses enfants.
C’est, comme toujours, trop long, mais disons que c’est un peu moins poussif que 40 ans…, ou que Sans Sarah…, et que la majorité de ses productions / scénarios.
Néanmoins, ça n’a pas été pour moi la révélation que ça a été pour d’autres.
Un bon point pour la scène avec le médecin suédois, qui m’a fait sourire.
Mardi 6 octobre 2009


Documentaire sur Philippe Petit, funambule français obsédé par l’idée de poser des câbles entre des bâtiments inaccessibles et d’y marcher, à plusieurs mètres de hauteur… Obsession qui trouve son avènement lorsqu’il apprend la construction des Twin Towers à Manhattan et qu’il se lance le défi de marcher du sommet de l’une au sommet de l’autre.
Oscar 2009 du meilleur documentaire, ce film est à vrai dire assez fascinant. L’ampleur de l’entreprise, la force de la volonté de Philippe Petit et son habileté à tourner la chance de son côté, à rencontrer les bonnes personnes, sont vraiment très vivement rendues.
Philippe Petit frôle parfois le ridicule, avec son anglais assez comique, son enthousiasme un peu lunaire, et agace même parfois, dans sa totale déconnexion de la réalité ; et pourtant, un certain respect se forme lorsqu’on le voit, marchant dans les airs, dans un endroit qui n’appartient qu’à lui, gagnant une liberté qu’on lui envie, d’un coup, très fort.
Le film est construit de manière à être plutôt haletant, entrecoupé de témoignages divers et d’images d’archives, et a l’élégance de ne pas exploiter le filon des deux tours aujourd’hui disparues. On est seulement autour de ce personnage et de son groupe d’amis, on les voit passer de la confiance absolue au découragement, et on voit l’étincelle dans leurs yeux, voire, parfois, l’émotion incontrôlable qui les submerge en évoquant ces moments incroyablement forts. C’est là que le film trouve une profondeur assez inattendue, dans ces témoignages récents de ces personnes, presque « traumatisées » d’avoir vécu quelque chose d’aussi incroyable, comme si leur vie avait basculé depuis, sans qu’ils puissent savoir vraiment pourquoi.
Samedi 11 juillet 2009


Roumanie, 1941. Une troupe de soldats allemands est envoyée pour garder une mystérieuse forteresse dans un village perdu. Appâtés par ce qu’ils croient être une matière précieuse, certains d’entre eux laissent échapper une terrible force occulte et destructrice : plusieurs soldats sont tués dans des circonstances inexplicables. Une garnison SS arrive alors pour trouver le coupable et l’anéantir, même si pour cela il faut sortir un professeur juif des camps, le Dr Cuza.
La Cinémathèque Française organise du 2 au 26 juillet une large rétrospective Michael Mann. Ce serait mal me connaître que de croire que j’irais voir ce film de ma propre initiative, alors que je suis relativement hermétique au travail de ce réalisateur et que La forteresse noire n’est pas réputé comme étant son meilleur. Mais enfin…
On est donc ici en effet devant un objet totalement étrange, totalement orienté vers le fantastique, là où par la suite Mann s’est davantage penché sur le réel.
L’âge du film (très daté par la BO signée Tangerine Dream), le manque de moyens et l’obligation de couper de longues scènes à de nombreux endroits font que l’ensemble a très mal vieilli, et que certains effets ont l’air totalement ridicules : ralentis sur fond lumineux, avec fumée à l’appui, artefacts improbables, aspect final du monstre…
Par ailleurs, on retrouve ce qui fait pour moi les défauts de Mann en tant que scénariste (et ce qui fait que mon film préféré de lui, Collateral, est justement le seul qu’il n’a pas écrit) : une écriture lâche (au sens relâchée, diluée), peu d’actions ou d’enjeux auxquels se raccrocher, quelques dialogues intéressants mais faussement aboutis… Ce qui produit chez moi un ennui certain et lancinant. Ceci dit, pas plus ici que pour Heat ou Révélations.
Ce qui a réussi à me tenir éveillée, ce sont : Gabriel Byrne, assez fascinant dans son rôle de SS monolithique ; Jürgen Prochnow, personnage plus intéressant (le soldat allemand dont la vision et le comportement évoluent) ; et quelques très belles scènes cinématographiquement parlant (ce mouvement arrière dans la « grotte »).
Malheureusement, le personnage interprété par Scott Glenn est assez mal amené, ainsi que sa relation avec Eva Cuza, personnage féminin absolument pitoyable, interprétée par Alberta Watson, une jeune actrice lisse aux grands yeux, sorte de Sean Young au rabais. La plupart des moments les plus ridicules se situent à leur niveau.
Quant à Ian McKellen, dont la carrière cinématographique était encore à ses balbutiements, il serait difficile de s’aveugler au point de ne pas voir son surjeu, ses yeux écarquillés et ses mouvements trop forcés.
Reste dans le fond un questionnement intéressant, quoique basique, sur l’inhumanité, le mal, dans une relation explicite à l’holocauste.
Avec tout ça, je ne sais toujours pas si je vais me forcer à aller voir Public Enemies…
Mots-clés: La forteresse noire, The Keep, Michael Mann, Public Ennemies, Jürgen Prochnow, Alberta Watson, Scott Glenn, Gabriel Byrne, Ian McKellen, Tangerine Dream
Dimanche 3 mai 2009


Ron Howard n’est pas le plus passionnant des réalisateurs, c’est certain. On a plutôt tendance à qualifier ses films d’adjectifs relativement plats du genre « gentils », « sympas », « honnêtes ».
Frost / Nixon est un film sympa et honnête, mais pas tout à fait gentil. Il y a un certain mordant dans le propos, une certaine tension entre les deux personnages du titre qui, je trouve, est tout à fait bien rendue. En cela, j’ai été agréablement surprise. Je m’attendais plutôt à quelque chose d’assez fade, mais je me retrouve à trouver ça moins plat que le dernier opus d’Oliver Stone (W, l’improbable président)… Où va-t-on ?
Les deux acteurs principaux (Frank Langella et Michael Sheen) sont très très bons ; ils reprennent chacun les rôles qu’ils ont longtemps tenus sur scène, dans la pièce originale, et selon moi c’est une des grandes forces du film : on n’est plus dans l’interprétation mais dans l’incarnation, ce qui transforme tous les enjeux. Les seconds rôles suivent le rythme (Sam Rockwell mais surtout Kevin Bacon, que je trouve incroyable). Un seul bémol pour le personnage de la jolie et talentueuse Rebecca Hall, qui ne sert vraiment pas à grand-chose et n’a pas grand intérêt.
Évidemment, le côté « fait réel » (interviews de Richard Nixon par un « journaliste » de talk show) aide. Evidemment aussi, on ne peut pas dire que la mise en scène soit époustouflante.
Mais au moins, Howard sait s’effacer et se faire humble derrière ses images, ce qui après tout n’est pas si désagréable.
Mardi 3 février 2009


Film sensible et hivernal avec Celui-dont-on-ne-prononce-plus-le-nom, la chouette Emily Mortimer (Match Point) et plein d’acteurs indépendants qu’on voit toujours par-ci par-là.
Le sujet est très très très glissant. En VO, Lars and the real girl : Lars, petit gars un peu paumé. Un peu fragile. Un peu autiste, à vrai dire. Habite le garage de la maison de son frère ; adoré par sa belle-sœur enceinte, il résiste pourtant à tous les efforts de cette dernière pour le socialiser. Et puis un jour, tout bascule. Lars se met à aller vers eux. Et à leur parler. Et à parler à quelqu’un d’autre, aussi : à Bianca, sa nouvelle petite amie, poupée grandeur nature fraîchement commandée sur internet.
Malgré quelques longueurs, quelques maladresses, il y a quelque chose de très touchant dans cette cellule familiale (et cette communauté) qui se libère par le truchement d’une personne symbolique dont la réalité n’est en fait pas à prouver très longtemps. C’est très beau de voir la parole se délier, devenir facile, puisqu’il n’y a plus besoin de trouver un prétexte. Et de manière générale, le parcours de Lars est très émouvant, sa création, la manière dont il s’en sert, son aveuglement qu’on ne peut jamais vraiment mépriser ou trouver ridicule – parce qu’au fond Lars est extrêmement lucide.
Lars qui préfère les fleurs en plastique, parce qu’elles ne meurent jamais.
Jeudi 6 novembre 2008


Un film de poltrons, avec deux demi-frères complètement attardés (Will Ferrell et John C. Reilly).
Le concept ne va pas plus loin. En sortent quelques gags qui fonctionnent et d’autres qui sont assez atterrants… Le film est surtout malheureusement très mal rythmé et très moyennement écrit.
Ma note est très, très indulgente en fait…
Lundi 25 février 2008


Comédie avec Ben Stiller.
On pourrait presque se contenter de ces quelques mots tellement c’est devenu une sorte de franchise…
Pas le plus féroce ni le plus touchant des films des frères Farrelly, j’avoue avoir un peu oublié le film, depuis tout ce temps.
A part quelques gags réussis, quelques détails d’un mauvais goût toujours réjouissant, je retiendrai surtout l’interprète de la femme en question, Malin Akerman, qui endosse avec toute la meilleure volonté du monde le rôle le plus ingrat qui soit. Son talent comique est absolument incroyable et honnêtement, face à la certes jolie mais bien fadasse Michelle Monaghan, moi je sais quel est mon choix !
Mercredi 23 novembre 2005


Jodie fait très bien, depuis Panic Room, la mère fauve en détresse. Avec ce chouilla de détermination et de force qu’on lui connaît, et qui est toujours trèèèèèèèès agréable à regarder (même si elle n’a pas là sa dernière coupe de cheveux, aperçue sur les plateaux télé français récemment).
Tout est très bien mené, même si on connaît un peu trop la filmo de Peter Sarsgaard pour lui faire réellement confiance trente secondes. Rythme, émotion, scènes jouissives où Jodie Foster bidouille des fils et déclenche la panique à bord, tout cela s’enchaîne avec fluidité.
Le problème réside en fait principalement dans le scénario, et surtout de ses quelques « astuces » plutôt malvenues – en particulier le passage sur les doutes immédiats portés sur les passagers barbus, bonne idée hélas gâchée par un plan du début du film, qui ne sera jamais expliqué et qui ne servira que de prétexte. Et puis ce geste final dudit barbu, affligeant de bêtise de scénariste.
A part ça, après Red Eye, on peut dire qu’Hollywood gère plutôt très bien ce retour aux films-d’avions-qui-font-peur…
Vendredi 7 octobre 2005


Farfelu et du coup un peu fouillis, le film ne mérite pas pour autant la volée de bois vert qu’il se prend de la part de quelques critiques et de quelques faux-fanatiques qui pourraient ne connaître de Gilliam que l’Armée des 12 singes. On est ici plus du côté des Aventures du baron de Münchausen.
Matt Damon et Heath Ledger sont drôles et très présents, Lena Headey a un rôle pas forcément très très flatteur mais elle a un petit caractère dans le visage qui la rend trente fois plus intéressante que Keira Knightley – à laquelle elle faisait beaucoup penser dans la bande-annonce. [Je passe sur Monica Bellucci, on va dire que la beauté sert de passe-droit encore une fois... mais bientôt un carton rouge, là, tout de même.]
Ajoutez un chaton, un cheval qui fait peur et Jonathan Pryce mon ami pour toujours, et hop voilà de quoi atténuer à mes yeux les petites longueurs du début et de la fin.
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