Mardi 16 février 2010


Tom a le coup de foudre pour Summer, la nouvelle secrétaire. Tom croit en l’amour éternel et unique ; Summer non. Pourtant, la relation se noue, jour après jour. 500 jours…
C’était un film très attendu, avec la charmante Zooey Deschanel, et le non moins charmant Joseph Gordon-Levitt. Un couple léger, jeune, joli, un peu décalé, pas trop, juste ce qu’il faut. Une histoire d’amour à la fois romantique et pas trop.
Comme toujours, trop d’attente tue le film, et si j’ai passé un bon moment, je n’ai pas été transportée comme je l’aurais voulu, jamais… On a finalement ici une petite histoire banale, un personnage féminin un peu pénible, et surtout, un enchaînement de séquences sympathiques plutôt qu’une construction globale avec une réelle progression dramatique.
Il y a cependant de jolies scènes et de jolies idées, en particulier ce split-screen entre « la réalité » et « les espérances », que l’on a probablement tous vécu des dizaines de fois, ou encore cette belle scène musicale où Joseph Gordon-Levitt danse et exprime la félicité de son personnage (là encore, c’est assez juste). Zooey Deschanel excelle dans ce personnage de fille un peu agaçante mais assez « authentique », dans son évolution, sa manière de se lasser, doucement, de se fermer.
Le film est donc plutôt bon mais je regrette de ne pas avoir été plus surprise que ça, plus emportée dans un élan ; je trouve que malgré les nombreuses qualités du film, il lui manque une petite dynamique. Mais je le reverrai avec plaisir, et peut-être que ça fonctionnera mieux la seconde fois.
Titre original: 500 Days Of Summer
Dimanche 14 juin 2009


Adaptation d’un court roman de Neil Gaiman, Coraline est un film d’animation réalisé par l’auteur des deux excellents L’Etrange Noël de M. Jack (eh oui, Tim Burton n’en est que producteur et scénariste) et James et la pêche géante.
Le roman était déjà un peu sombre, avec des côtés relativement terrifiants, et le film s’engouffre dans cette brèche : film d’animation certes, mais pour lequel il faut être prudent si on veut y emmener de trop jeunes enfants.
L’histoire est celle de Coraline, petite fille en train de quitter l’enfance qui se retrouve, après un déménagement avec ses deux parents, un peu délaissée par ces derniers. Son esprit cynique et son sens aigu de la critique la poussent à remettre tout son entourage en question. Elle découvre alors, en explorant la maison, un double de ses parents, dévoués, attentifs, parfaits, à un détail près : ils ont, comme les poupées de chiffon, des boutons à la place des yeux.
La force de ce conte, et c’était déjà celle de l’œuvre de Neil Gaiman, c’est toute la symbolique de ce deuxième monde. C’est la petite fille en Coraline qui crée cet univers parfait (sur le papier) ; c’est l’adulte en elle qui lui donne la force de refuser cette toute-puissance du désir.
A côté de cela, visuellement, Coraline est merveilleusement soigné, avec cette animation en stop-motion et, pour les plus chanceux, un effet 3D (que, pour avoir expérimenté, j’ai trouvé assez époustouflant, mais largement moins que pour La Légende de Beowulf, par exemple, et qui, je trouve, pose parfois des problèmes de fluidité, avec quelques mouvements saccadés).
Le film suit un véritable crescendo, très bien contrôlé, et la dernière partie, celle du « jeu » entre Coraline et son « autre mère » est vraiment haletant, et esthétiquement sublime (je pense en particulier à l’évolution et à la destruction de l’ »autre monde »).
Je regrette néanmoins, par rapport au livre, l’ajout du petit garçon, qui à mon sens n’a guère d’utilité, et sans lequel Coraline s’en sortait très bien. Le vrai personnage secondaire fascinant c’est le chat, qui est à mon sens la meilleure réussite de Henry Selick. Son apparence est parfaite (noir, efflanqué et pelé) et sa voix (en VO, Keith David) est granuleuse et envoûtante à souhait.
Du côté du casting vocal justement, Teri Hatcher est plutôt très bonne dans le rôle des deux mères, mais j’ai eu un peu de mal à accrocher à celle de Dakota Fanning, avec son fort accent américain, accentuant peut-être un peu trop à mon goût le côté « pestouille » de Coraline au début du récit.
Mais malgré ces petits défauts, je trouve le film vraiment très réussi, entre l’émerveillement et le frisson, avec un certain charme qui se dégage de cette technique d’animation, et puis, le chat, aaaah, le chat…

Mots-clés: Coraline, Henry Selick, 3D, Neil Gaiman, Teri Hatcher, Dakota Fanning, Keith David, L'étrange noël de Mr Jack, The Nightmare Before Christmas, James et la pêche géante
Vendredi 20 février 2009


Eh oui, j’ai passé outre les avis et critiques négatives, trop alléchée par ce casting surprenant.
D’ailleurs, c’est amusant, on retrouve trois acteurs en commun avec Yes Man, à croire que les plateaux étaient l’un à côté de l’autre (Bradley Cooper, Sasha Alexander, et, incroyable, Luis Guzman, ‘uncredited’ sur les deux films, à croire qu’il n’a plus de visa de travail ??? Mauvais humour mis à part, c’est assez étrange.)
Au niveau du casting, donc. Bradley Cooper est très bien et très crispant en gros salopiaud. Scarlett est grasse comme une poularde et j’avoue ne plus adhérer à son jeu depuis bien longtemps ; en plus son personnage est quand même vaguement insupportable. Jennifer Connelly, bien qu’un peu maigre et glacée, est très bien, Jennifer Aniston plutôt aussi même si elle n’a pas grand grain à moudre. Ben Affleck a un personnage en or mais on a toujours cette impression bizarre qu’il interprète un personnage aveugle. Drew Barrymore est reléguée à l’arrière-plan avec un rôle un peu terne pour elle, même si sympa ; Justin Long, je ne l’aime pas, donc je ne l’aime pas là non plus ; Kevin Connolly, vu dans un petit rôle dans The Notebook, est donc forcément entouré d’une aura magique. Ginnifer Goodwyn, que je ne connaissais qu’à peine, a clairement la part du lion ici, et s’en sort plutôt pas mal, malgré de grosses scènes bien ratées dans l’écriture.
Voilà pour les plus connus. Donc on est loin du casting de haut vol à l’interprétation remarquable, mais, comment dire… C’est sympaaaaaaa.
Pour ce qui est du reste, c’est une comédie romantique qui se veut vaguement chorale, et qui, à ce niveau-là, échoue un peu, parce que ça n’a jamais l’ampleur suffisante.
C’est aussi une comédie romantique qui n’évite pas les gros écueils du genre, je pense par exemple au personnage de Justin Long – qui-forcément-va-changer-à-la-fin, pouaaaaaaah. Ceux qui s’en sortent le mieux sont probablement Kevin Connolly et Drew Barrymore… Ça pourrait presque être Jennifer Aniston et Ben Affleck s’il n’y avait pas Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers
la demande en mariage…
Malgré tout ça, il y a un propos du film que j’aime beaucoup, celui qui consiste à dire : « Arrête d’écouter tes copines et tes copains avec leurs grands principes, leurs grands exemples censés te dicter ta conduite et te dire la vérité sur ta vie amoureuse ou sur ton couple, parce que c’est n’importe quoi. »
Je ne crois pas avoir souvent vue cette idée dans un film, alors j’ai envie de dire MERCI ! Il n’y a pas de règles, pas de « Si tu fais ça alors le mec fera ça, c’est comme ça que ça marche, c’est Mars et Vénus, c’est blablabla ». Il y a juste des individus. Des gens bien, des gens moins bien, des gens fiables, des gens lâches, des gens dévoués, des gens égoïstes. La limite du film est peut-être de s’arrêter un peu trop à la frontière filles/garçons (alors que, encore une fois, il faut arrêter de croire qu’il y a, sentimentalement, une démarcation aussi nette).
Dommage donc que le film ne soit pas un peu plus péchu, que le casting ne soit pas un peu plus homogène (j’ai l’impression que personne ne colle avec personne, en fait), et que certaines scènes n’aient pas pu être évitées.
Mercredi 17 décembre 2008


Film pour enfant avec, en tête d’affiche, la jeune Saoirse Ronan, révélée par Reviens-moi.
Il y a de belles idées, dans cette ville coupée du monde, citadelle perdue dans un univers ignoré et probablement incertain.
Il y a une belle mythologie interne, avec ces métiers différents, cette « remise de prix » par le maire, ce Générateur.
Malheureusement le film n’a pas réussi à m’accrocher suffisamment pour me tenir éveillée, j’ai ainsi raté de nombreux moments de bravoure (l’évasion, en particulier).
Pétri de bonnes intentions, on ne saurait être trop cruel envers ce film gentil. Mais l’ennui est incontrôlable.
Mercredi 5 novembre 2008


Film en costume avec Viggo Mortensen dans le rôle-titre.
Il y a quelques maladresses dans ce film, par exemple les personnages féminins, réduits à de mauvais archétypes ; il y a aussi un gros problème de rythme.
Mais, au-delà d’un interprète principal que l’on suivrait jusqu’au bout du monde, quoi qu’il fasse, il y a dans tout cela un sentiment de panache qui rappelle les meilleures heures de la littérature européenne. Une jolie noblesse.
Mercredi 5 novembre 2008


[le message qui va m'apporter plein d'amis, je le sens]
Dire à quel point Rois et reine m’agace tient du pari de haute volée.
Donc Desplechin et moi (même si je me rappelle avoir aimé Esther Kahn), c’est tout simplement une incompatibilité fatale.
Ma raison d’aller voir celui-là tient en 2 mots, Chiara Mastroianni, et d’ailleurs dans ce film elle est plutôt inintéressante au possible, j’aurais mieux fait de m’abstenir.
Donc voilà, sans que le film m’irrite comme l’avait fait le précédent, je ne comprends absolument pas comment on peut s’attacher un tant soit peu à ce qui se passe à l’écran, tellement tout me paraît écrit, poseur, sans ancrage, sans lien. Amalric est marrant 2-3 fois, mais enfin euuuh la complaisance d’interprétation et de filmage des yeux ronds injectés de sang ça va, quoi. Le pire étant quand même Emmanuelle Devos, qui m’insupporte (alors qu’il m’arrive -rarement c’est vrai mais quand même- de l’apprécier). Son personnage est pour moi symptomatique de ce que je hais chez Desplechin : on te fait sentir à quel point ce personnage est libre, et à quel point elle est dans le vrai, à quel point elle est lucide, contre tous les autres. Le point de vue t’est asséné, à coup de non-répliques et de gros plans. Alors que c’est juste une grosse truie inutile.
Tout m’est étranger, j’ai l’impression de voir des individus sortis d’un simulacre de vie qui n’a rien à voir avec la vie-même. Non seulement je ne peux pas y adhérer, mais, contrairement à d’autres films que je n’aime pas mais auxquels je peux reconnaître des qualités, je n’arrive pas à comprendre que quelqu’un puisse. Un énorme mystère pour moi, même si j’arrive à « suivre le film » sans avoir des envies de meurtre toutes les deux minutes (c’est déjà ça).
Je retiens une chose quand même, Melvil Poupaud, qui vieillit foutrement bien et qui a réussi à éveiller mon intérêt. Et c’est le seul à imposer sa présence propre.
Dimanche 20 avril 2008


Il y a de trèèèèès très bonnes idées, dans ce film. Comme, par exemple et surtout, cette idée de la bande-vidéo par-dessus laquelle on a enregistré, et qui apparaît de temps à autre : la vie d’avant, un jour de bonheur à deux. D’abord anecdotique, puis touchant, puis franchement émouvant au fur et à mesure que la catastrophe s’aggrave.
Pour le reste, il y a le côté impressionnant d’assister à quelque chose de gigantesque à travers l’œil d’une toute petite caméra ; c’est là que le film justifie sa forme (contrairement à un [REC], par exemple).
Malheureusement, j’ai toujours du mal avec les caméras à l’épaule trop longues, et ça m’oblige à décrocher, là où le film aurait pu se poser parfois (ce n’est pas un compromis, ça s’appelle de l’art, il faut parfois « faire vrai » sans vraiment faire pour de vrai).
Samedi 17 décembre 2005


C’est à la fois une histoire d’amour très belle et très triste, et un témoignage magnifique mais très dur sur l’état du monde, et de l’Afrique en particulier.
Ralph Fiennes et Rachel Weisz excellent dans deux rôles que tout oppose et rapproche, la photo est sublime, ce qui accentue en général la violence du propos.
Difficile de sortir de la séance sans se sentir impuissant, désespéré et profondément pessimiste, finalement.
Dimanche 23 octobre 2005


Sur un point de départ qui rappelle fortement Lost Highway (David Lynch), le film part ensuite dans une toute autre direction, plus réaliste et plus lisible peut-être, mais mille fois plus inextricable. Autant l’annoncer très vite, il faut essayer d’oublier ce que ‘comprendre’ veut dire, oublier le réflexe qui consiste à trouver des questions – et des réponses – partout. Certes la mise en scène, toujours très visible, amène le spectateur à ce genre de comportement, mais l’amène surtout à questionner son propre rapport à l’image, à ce qu’il voit.
Le cadre et l’image sont presque des personnages à part entière, les plus inquiétants peut-être, parfois parce qu’on ne sait pas qui filme, parfois parce qu’il s’agit de voix connues et familières (Béatrice Schönberg ou Euronews) en arrière-plan, porteuses de quelque chose de très concret pour le spectateur français et aussi, finalement, d’une certaine tension.
L’écriture et la direction d’acteurs sont extrêmement soignés ; les dialogues ciselés et très travaillés (de très nombreuxeffets d’échos, de réminiscences) me font penser qu’une lecture ‘sur papier’ du scénario pourrait aider à une meilleure appréciation de l’œuvre. Au centre de cette histoire presque incompréhensible (en tout cas pour ce qui est de ‘qui fait quoi, pourquoi’), il y a un ancrage très fort dans le personnage de Juliette Binoche, dont toutes les réactions sont normales et très concrètes. L’actrice a débarrassé son jeu de toute joliesse et de toute fioriture, et nous offre notre unique point de repère au milieu de ce cauchemar – chose qui manquait parfois un peu dans les films précédents de Haneke. Il n’en reste pas moins quelques petites coquetteries d’auteurs (des longueurs parfois trop appuyées, des personnages et des questions un peu trop volontairement mis de côté, une scène-choc à la limite du complaisant) qui personnellement m’empêchent de crier au chef d’œuvre. Mais c’est finalement déjà assez rare d’aimer un film désagréable.
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