Avatar (James Cameron)

Vendredi 25 décembre 2009

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Jake Sully est un ancien marine, aujourd’hui paraplégique.  Suite à la mort de son frère, il se fait aborder pour remplacer ce dernier dans le programme « Avatar ». Il s’agit de lier son esprit et son corps à un avatar créé génétiquement, afin de pouvoir évoluer sur la planète Pandora, dont l’environnement est hostile aux humains. Mélange de gènes humains et de gènes Na’vi (les habitants de Pandora), l’avatar de Jake lui permet de courir, de s’intégrer dans la société Na’vi, et de tomber amoureux. De quoi lui couper toute envie de revenir dans son propre corps…

On entend parler de ce projet depuis bien longtemps maintenant. Et donc, plus de dix ans après Titanic, sort enfin le dernier film de James Cameron, d’autant plus attendu qu’il s’annonçait comme une petite révolution cinématographique.

En général, face à une telle attente, j’essaie de me préserver au maximum, et de voir le moins de choses possibles en rapport avec le film : aucune bande-annonce, aucune photo, aucune affiche, aucune critique, rien. Ce qui devient une sacrée gageure à quelques semaines de la sortie, mais j’ai finalement réussi, à peu près, afin de recevoir le film d’un coup, sans avoir construit de fausses attentes autour de détails.

Visuellement, je m’attendais à un choc. Qui n’a pas eu lieu.
Mais le monde de Pandora est effectivement très bien fait, la 3D aide à un plongeon total dans l’action, dans les paysages, sur les visages des personnages. Les combats, les explosions, les cendres qui tombent, tout cela est très bien rendu. On chevauche des créatures volantes, on fait face à des bêtes féroces, on assiste à de véritables scènes de guerre.

Tout cela serait probablement plus fort si, à côté, le scénario et plus particulièrement la narration étaient dignes de ce nom. Malheureusement, Cameron aligne les stéréotypes les plus classiques, que ce soit au niveau des personnages ou de leur évolution narrative. Ce qui convenait parfaitement au classicisme de Titanic (et d’ailleurs, Titanic, dans sa construction, était bien plus inventif…) choque complètement ici ; et, pire que du classique, il y a ici beaucoup de convenu. Gros handicap pour un film qui se veut futuriste ; et il y a une vraie dichotomie entre la forme et le fond, ce qui est à mon sens un assez gros problème.
Je passe sur la peuplade forcément humanoïde, sur les fortes inspirations d’origines diverses (par exemple, Miyazaki avec la forêt de Mononoké, les montagnes volantes du Château dans le ciel, le vol sur dragon de Chihiro ; et à peu près une centaine d’histoires connues pour la trame de l’histoire entre Jake et de Neytiri…), sur le fond bien manichéen et fortement empreint d’un religieux qu’on trouverait pesant chez n’importe quel autre cinéaste.
Mais surtout, je n’arrive pas à comprendre comment, sur un projet d’une telle envergure et d’une telle ambition, on peut arriver à se contenter d’un scénario pareil. Certes, il ne fonctionne pas si mal. Certes, ça n’est pas non plus franchement mauvais. Mais c’est médiocre, et je pensais que quelqu’un du niveau d’exigence de James Cameron se devait de nous offrir un peu plus que ça.

L’autre gros point noir, c’est la musique, de James Horner encore une fois. A chaque début de mélodie, on recherche de quel autre film c’est le thème. Quand ce ne sont pas de pseudos chants ethniques à la noix, avec de jolis accents de synthétiseur. La palme revenant bien entendu à la chanson de générique de fin, qui réussit à faire pire que Céline Dion (dans le même style, d’ailleurs, mais en carrément inaudible et sans potentiel, je crois, de hit-parade).

C’est dommage, j’aime beaucoup Sigourney Weaver (toujours la grande classe) ; Jake Sully est un personnage intéressant, surtout au début, dans son rapport à son double corps (le sien / celui de son avatar) ; mais au fur et à mesure, je trouve que l’intérêt se dilue. Les thématiques (la nature, etc) pourraient me toucher, mais elles sont traitées avec de gros sabots (la référence à Miyazaki n’est qu’un lointain écho, car on n’en a jamais le souffle ni la subtilité) ; et, pire, sur les plans émotionnels et sensoriels, je reste sur ma faim, largement. La plus belle scène du film, et de loin, étant celle où Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

Avatar est donc à mes yeux un film techniquement quasi irréprochable, mais à qui il manque un peu l’essentiel, et qui se contente de bien peu sur le fond, car on nous promet du jamais-vu et on n’a que du recyclé. J’avoue que ça me laisse perplexe, pour un tel projet…

L’an 1 : des débuts difficiles (Harold Ramis)

Lundi 17 août 2009

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Au tout début de notre ère, Zed et Oh, deux « chasseurs-cueilleurs » pas vraiment dégourdis, sont bannis de leur village natal par leurs congénères. Feignants, peureux et incapables de chasser, les deux compères se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un environnement hostile, sans nulle part où aller. Ils décident, par conséquent, de quitter l’endroit qu’ils ont toujours connu pour s’aventurer vers l’inconnu… [source : Allociné]

Bon, c’est sûr que d’aller voir ça, je n’ai pas grande excuse.
Mais en fait, si : Harold Ramis, c’est quand même le réalisateur jadis émérite de Un jour sans fin, le co-scénariste des SOS Fantômes… Et même si son dernier film, Faux-Amis, était assez oubliable, ici, la présence de Jack Black, acteur au talent comique incontestable, et de Michael Cera (Juno) qui promettait beaucoup, pouvait justifier le déplacement.

C’était sans compter une écriture totalement paresseuse et un humour de garçon en train de muer.

Je ne vais pas m’attarder sur les gags affligeants ou sur l’indigence de la fin « à émotion », car c’est perdre son temps.

Jack Black n’est pas mauvais mais n’est quasiment pas dirigé et s’adonne sans vergogne à tous ses tics de jeu préférés : sourcils décalés, yeux ronds et sourire en coin ; quant à Michael Cera, on jurerait voir George Michael Bluth, son personnage de la série « Arrested Development », depuis laquelle il n’a finalement guère évolué. On voit au détour d’un fourré David Cross (« Arrested Development » aussi), diablement mauvais ; Christopher Mintz-Plasse (éternellement surnommé McLovin depuis SuperGrave) ; Hank Azaria (doubleur dans « Les Simpsons ») ; et même Paul Rudd (Les grands frères) dans un rôle trop court.

Quasiment rien à sauver donc, puisque ce film, malgré sa tonalité parodique, arrive à être miraculeusement aussi crétin que 10000, film « sérieux » sur la préhistoire, et n’est finalement même pas aussi drôle.

Une arnaque presque parfaite (Rian Johnson)

Dimanche 16 août 2009

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Deux frères sont spécialisés dans les arnaques de haut vol. Rien n’est impossible pour eux et les mises en scène sont toutes plus spectaculaires les unes que les autres. Lorsqu’ils s’attaquent à une riche héritière excentrique, ils ne se doutent pas qu’ils vont avoir à faire à une charmante manipulatrice qui cache bien son jeu. [source : Allociné]

[On a donc, comme titre en VO : The Brothers Bloom ; mais "Les frères Bloom" c'était un peu trop compliqué, mieux vaut une bonne vieille formule, on a probablement hésité avec "Arnaqueurs malgré eux"]

Eh oui, la voilà, la raison de découvrir Brick l’autre jour : c’était parce que le second film de Rian Johnson vient de sortir en salles.

Et cette fois, ça ne rigole plus, les moyens sont là, et le casting aussi : Adrien Brody (Le pianiste, King Kong…….), Mark Ruffalo (30 ans sinon rien, Ma vie sans moi, Zodiac…….), Rachel Weisz (La momie, The Constant Gardener, The Fountain…), Rinko Kikuchi (Babel…)
Il se trouve que j’aime beaucoup les trois premiers, qui se trouveraient très haut dans un classement de mes acteurs préférés.

Heureusement, la déception Brick m’a fait revoir mes attentes à la baisse, et c’est tant mieux.

Il y a tout de même dans ce deuxième travail beaucoup plus de maîtrise, à tous les niveaux – même Nathan Johnson, frère de, a fait de sérieux progrès à la musique. Les acteurs s’amusent, sont contents de porter des costumes taillés sur eux et les filles profitent de quelques scènes comiques pour faire autre chose que les faire-valoir féminins. Rinko Kikuchi, abonnée décidément aux rôles muets, est parfois assez amusante dans ses gimmicks d’arrière-plan.

Malheureusement, j’y vois toujours le même défaut : beaucoup d’apparence, beaucoup de factice, beaucoup de tape à l’oeil, pour un fond que je n’arrive jamais réellement à saisir et qui ne me parle absolument pas.

J’aimerais pouvoir voir dans cette histoire une sorte de mise en abyme, par rapport au personnage de Mark Ruffalo, qui se sent toujours obligé d’écrire tout à l’avance, et pour qui le factice contient plus de vérité que le réel.
Ça pourrait se tenir, et ces éléments pourraient être passionnants, pourraient trouver une résonance par rapport au film lui-même. Mais, à mon sens, ça ne fonctionne jamais ; comme Adrien Brody, on attend l’authentique, mais il ne vient jamais.

De manière générale, je conseillerais malgré tout davantage ce film-ci plutôt que le précédent, dans le sens où il remplit un certain quota de divertissement. Quelques scènes sont belles, d’autres drôles, même si rien ne m’emballe jamais. Reste le plaisir de voir ces trois acteurs, filmés comme de beaux objets et très bien valorisés physiquement.

Mais que tout ça manque de texture…

Anges et démons (Ron Howard)

Mardi 2 juin 2009

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Je ne pense pas que j’y serais allée seule, voir celui-là. Pourtant, je ne fais pas partie des détracteurs extrêmes du Da Vinci Code, que je trouve simplement médiocre, mais bon, n’ayant lu aucun Dan Brown, je n’étais tout simplement pas  curieuse.

Mais finalement, je trouve que pour la deuxième fois, Ron Howard ne s’en sort pas si mal, et nous fournit un divertissement qui parfois a des élans de bêtise assez effarants (mais plus drôles qu’affligeants), mais qui la plupart du temps, arrive à tenir à route.

Là, beaucoup d’écueils dans la narration (chaque « étape » est un peu répétitive, et la gestion du temps – « oh il est 21h58, zut alors » – n’est pas très bien assurée). Quelques détails font lever les yeux au ciel, mais rares sont les films d’action qui ne contiennent pas un paquet d’invraisemblances, non ? Ici, l’invraisemblance est carrément élevée en étendard, tellement présente et évidente qu’on finit par l’accepter et par ne plus la voir.

Tom Hanks passe ici un peu en touriste, et même s’il garde un air concerné, on le sent un peu extérieur. Sa comparse féminine joue les faire-valoir et Armin Mueller-Stahl (L’enquête, Les promesses de l’ombre) tient son rôle habituel de vieil homme grave et mystérieux, vaguement inquiétant.

Celui qui m’a motivée à faire le déplacement, vous vous en doutez, c’est Ewan McGregor. Et en effet, ça a été mon intérêt numéro 1 pendant le film :

Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

J’oublierai ce film sûrement aussi vite que le Da Vinci Code, mais sincèrement, je trouve que ces deux films sont loin d’être honteux.

Un chapeau tout particulier pour le petit mouvement de doigts que fait Tom Hanks à la fin en tendant une tasse chaude à sa comparse. On sent l’acteur très content d’être habité jusqu’au bout des ongles. Hilarant.

Et bien sûr, je ne peux pas rester de marbre devant l’ignominie de Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

J’allais oublier.
La plus belle ville du monde.
Vaut au moins 3 étoiles dans ma note.

Mots-clés: Angels & Demons, Tom Hanks, Ewan McGregor, Stellan Skarsgard, Ayelet Zurer, Armin Mueller-Stahl, Dan Brown
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Australia (Baz Luhrmann)

Lundi 29 décembre 2008

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Dieu sait que j’avais laissé tombé tout espoir en voyant la bande-annonce.
Dieu sait combien j’ai perdu foi en Nicole Kidman et en son visage figé à tout jamais par les sourcils.

J’ai eu très peur pendant les premières minutes, racontées par un enfant dont je ne savais comment il se situerait dans l’histoire. Et puis, j’ai vu comment était traité le personnage de Nicole Kidman, j’ai compris que son côté figé et maniéré allait être, en fait, un atout pour son rôle.

J’ai eu très peur quand j’ai vu les premiers échanges entre les personnages de Nicole Kidman et de Hugh Jackman : une sorte de ping-pong agressif, comme on en a tant vu. Sauf que là, je n’étais pas prête à y croire. L’amour qui naît de rien, comme ça, ça ne marche plus.
Heureusement, Baz Luhrmann va ajouter un peu de proximité et de désir charnel dans tout ça, à grand coup de bassine d’eau chaude sur un torse musclé. Et tout à coup tout devient crédible.

Le film est complètement dans l’hyperbole, dans l’exagération, à tous points de vue. On peut y voir une façon assumée de se réapproprier certains codes des films d’une certaine époque ; on peut y voir aussi un style très sincère, qui a besoin d’en faire trop, mais toujours avec un aplomb parfait qui fait que, finalement, tout passe bien.

Il y a beaucoup de scènes qui sont sur le fil entre ridicule et assumé. Parfois, ça ne passe pas. Et puis, parfois, il y a quelque chose de très beau qui se créée (le vieux et sa position sur une jambe…)

Beaucoup d’imperfections donc, beaucoup de prévisibilité, un résultat très inégal, mais malgré tout, la démarche semble pleine d’une réelle passion et de beaucoup d’amour pour ces personnages un peu à côté de la plaque.

D’ailleurs, « à côté de la plaque », c’est probablement ce qu’on peut trouver de mieux pour qualifier ce film, qu’on l’aime ou non…

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Appaloosa (Ed Harris)

Mercredi 5 novembre 2008

(L-r) ED HARRIS as Virgil Cole, RENÉE ZELLWEGER as Allison French, VIGGO MORTENSEN as Everett Hitch and JEREMY IRONS as Randall Bragg in New Line Cinema’s Western “Appaloosa.”  The film is distributed by Warner Bros. Pictures. PHOTOGRAPHS TO BE USED SOLELY FOR ADVERTISING, PROMOTION, PUBLICITY OR REVIEWS OF THIS SPECIFIC MOTION PICTURE AND TO REMAIN THE PROPERTY OF THE STUDIO. NOT FOR SALE OR REDISTRIBUTION.
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Bon, ce n’est pas nul. Mais ce n’est pas formidable.

Ed Harris veut se faire un western avec ses amis et c’est exactement ce qu’on a.

Comme d’habitude, on s’incline devant Viggo Mortensen – qu’est-ce qu’il ne peut pas jouer avec autant d’élégance que de charme ? Désarmant et fascinant. Jeremy Irons est aussi très bon.
Pour le reste, on repassera – au revoir Renee Zellweger. J’ai quasiment tout oublié, mais je n’ai pas détesté.

A bord du Darjeeling Limited (Wes Anderson)

Dimanche 20 avril 2008

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C’est peut-être le film de Wes Anderson que je préfère, et c’est celui dont j’ai le plus de mal à parler.

Il y a Adrien Brody qui court, il y a Owen Wilson qui enlève ses pansements, il y a ces silences, il y a cette tentative de faire un voyage initiatique qui échoue, avant de réussir, finalement, il y a ce générique de fin.

Et puis, il faut en parler aussi, il y a Hôtel Chevalier, pré-programme avec Natalie Portman, absolument renversante de sensualité avec ses cheveux courts…

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Across The Universe (Julie Taymor)

Lundi 25 février 2008

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Comédie musicale et hommage aux Beatles (puisque non seulement la bande-son ne se compose que de reprises du groupe, mais aussi de nombreuses articulations du scénario se servent du contenu de leur discographie), ce film de Julie Taymor est assez extrémiste dans sa réalisation. Délires visuels interminables et sans rapport avec le reste, personnages qui s’appellent Jude, Lucy, Prudence, Sadie… Alors évidemment, on accroche ou pas. Le côté tiré par les cheveux peut ne pas fonctionner. Et si on hait les Beatles (si jamais ça existe), c’est perdu d’avance.

Personnellement, j’accroche à presque 100%. Je mets un bémol pour les voix des deux acteurs principaux et quelques « mauvaises » reprises, mais tout le reste, après un petit moment d’acclimatation, me ravit, dès que commence cette incroyable séquence sur un torturé I Wanna Hold Your Hand… De là part ce délice de voir des chansons que j’adore tordues, malmenées parfois, toujours transformées en quelque chose d’autre et de beau. Tout simplement.

Plus qu’une recherche musicale, c’est tous les arts que convoquent Julie Taymor. Arts graphiques, chorégraphies qui ne se contentent pas d’être illustratives, tout se mélange et s’orchestre pour créer ce film plutôt désarçonnant. Et même si parfois on frôle un peu l’enchaînement de clips, on a au final l’impression d’être devant une véritable œuvre d’art. Ce qui vous l’avouerez n’arrive pas si souvent.

The Assassination of Jesse James by the coward Robert Ford (Andrew Dominik)

Lundi 22 octobre 2007

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J’attendais davantage de ce western non-crépusculaire, j’attendais davantage de la mise en scène, j’attendais davantage  de Casey Affleck, j’attendais davantage de tout. J’aurais dû aussi boire 4-5 cafés avant d’y aller pour ne pas sombrer en plein milieu…

Brad Pitt est quand même assez insupportablement mauvais, restant dans la surface et dans le « paraître » de son personnage, du début jusqu’à la fin, de ses éternelles mimiques (la moue, la petite langue) à ses rires forcés… Tout passait très bien pour Tyler Durden, ici ça va bien un moment. Évidemment on peut m’opposer que ça convient au personnage (le trentenaire sûr de lui et de son charisme), mais là je ne suis pas sûre de voir une réelle composition. Et surtout, je ne comprends pas comment on peut donner un prix d’interprétation à ça.

Quant à Casey Affleck, il m’amuse beaucoup dans la série des Ocean’s, et on me l’avait beaucoup vanté, alors j’ai été forcément déçue. Le personnage est certes plus intéressant, et j’ai certainement raté quelques scènes-clés dans mes plongées-sommeil, mais l’intérêt est dans le scénario, dans l’écriture (et dans ce que le spectateur de bonne volonté voudra bien projeter sur ces images) ; il n’est, à mon avis, ni dans la mise en scène, ni tellement dans l’interprétation.
Le personnage de Robert Ford est évidemment assez intéressant dans son rapport à Jesse James, le double fantasmé, l’idole fascinante, désirable et rabaissante, mais il s’agit là encore une fois d’un ‘concept’, plus que de quelque chose de sensoriel et de cinématographique.

Cependant un certain nombre de scènes sont réussies, par exemple cette scène de malaise autour d’une table, avec Sam Rockwell ; mais tous les mécanismes tiennent du théâtral, au sens « mécanique » du terme.

Reste l’illustration d’un pays et d’une époque, proprement menés, mais nulle part je ne trouve de réel souffle, de réelle ambiance, de réel regard. On pense forcément à Open Range de Kevin Costner, qui est devenu un véritable mètre-étalon du western récent, réussi, mettant en oeuvre un vrai regard, une véritable ambiance, une véritable parole.

J’aime la fin bien sûr, le destin de ce personnage, (encore une fois, plus pour ce que j’y apporte que pour la manière dont elle est faite, car tout est relativement prévisible et linéaire, mais bon), j’aime la voix-off, mais il manque trop de choses pour m’emporter, et la déception laisse un goût amer, même si le film est honorablement fait, et qu’il traite de personnages qui pourraient me passionner.

Angel-A (Luc Besson)

Mercredi 4 janvier 2006

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J’avais prévu de ne pas y aller, et puis finalement.
Alors ce n’est pas aussi catastrophique que ce que je pensais.
Mais ça l’est.
Il ne faut pas y aller, c’est mal filmé, c’est atrocement joué surtout.
Rie Rassmussen était ma foi tout à fait bien utilisée dans le début de Femme Fatale, fort bien faite et intrigante. Mais elle n’avait pas trop à prononcer des mots. Là elle en prononce, des mots, et elle essaie de jouer. Pour elle jouer ça veut dire dire des mots en leur appliquant une mélodie selon le sentiment que l’on a à jouer, et puis bouger les bras aussi. Tendre la main, pointer du doigt, faire des petits tourniquets. Et puis parfois elle doit pleurer, alors elle tord son visage et elle couine vaguement. Jamel Debbouze ne s’en sort pas beaucoup mieux, la faute à certains dialogues qu’il ne s’approprie absolument pas.
Certaines scènes, certains plans, sont d’une crétinerie inaccessible (les ailes de la statue, les ailes qui poussent, Angela qui s’envole comme une vieille marionnette pourrie, le flashback explicatif « aaaaah mais en fait dans les toilettes c’est pas ça qu’elle faisait » et j’en passe). Certaines auraient pu fonctionner (la scène du miroir) mais c’est tellement mal foutu que non, décidément, ça ne marche pas.

Voilà, contentez-vous de la bande-annonce, tout le scénario est dedans, le film ne contient ni plus ni moins. Un court-métrage aurait pu être un choix judicieux. Tant pis…

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