Julie et Julia (Nora Ephron)

Mardi 9 mars 2010

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Julie, trentenaire un peu désorientée, décide de faire un blog de cuisine en réalisant toutes les recettes du livre best-seller de Julia Child, américaine qui a vulgarisé la cuisine française outre-Atlantique… Le film suit en parallèle les histoires de ces deux femmes.

Je ne connaissais pas le personnage de Julia Child, j’ignore s’il s’agit d’un vrai personnage « culte » aux États-Unis ou non, mais en tout cas, l’interprétation de Meryl Streep, est – une fois encore – assez folle. L’actrice s’amuse, comme d’habitude, et s’en donne à cœur joie, frôlant parfois de très près le cabotinage, avec voix perchée, rire forcé et sourire débonnaire. Un grand personnage comique en tout cas, avec des côtés touchants assez réussis, notamment dans la relation, jolie, avec son mari (Stanley Tucci).

Amy Adams est aussi plutôt bonne dans le rôle de cette Julie qu’on a parfois envie de gifler, de temps à autre. Elle trouve moins matière à s’amuser que sa collègue et le personnage est un peu étriqué pour elle – je crois. Mais elle reste très attachante. Son compagnon, Chris Messina, fait partie des acteurs pour lesquels je ressens un dégoût inexplicable ; le voir manger – salement, qui plus est – à plusieurs reprises, forcément, fait partie des pires moments du film.

A part ça, c’est un film gentil, pas mal fait mais un peu mou, qui manque d’une vraie force directrice. La non-relation entre les deux personnages du film est certainement ce qu’il y a de plus intéressant – et de plus amer – dans ce que ça raconte…

Titre original: Julie and Julia
Catégories : CINÉMA  - Avis

The Proposition (John Hillcoat)

Samedi 20 février 2010

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Dans une Australie que les Anglais ont déjà bien colonisée, la sauvagerie et la violence règnent en maître. Entre les frères Burns, hors-la-loi coupables du massacre d’une famille, et les hommes du capitaine Stanley, on ne sait plus lesquels sont les plus à blâmer. Le capitaine demande à l’un des frères Burns, Charlie, apparemment plus raisonnable, de trouver et tuer son frère aîné, Arthur, le plus dangereux, pour sauver son plus jeune frère, gardé en ville en prison jusqu’à son éventuelle mise à mort.

Le film date en fait de 2005 mais la sortie de La Route, du même John Hillcoat, adapté du roman à succès de Cormac McCarthy, l’a amené jusqu’à nos écrans.

Précédé d’une bonne réputation, le film est en effet réalisé avec un style certain. La première scène est très dure et montre un pays en proie aux pires violences, défiguré et baignant dans le sang des divers génocides, meurtres et autres crimes qui semblent être la base de toute opération de « civilisation » suite à une colonisation.
En cela, le film réussit à frapper par ce propos particulièrement dur et âpre.

Il y a une certaine parenté avec L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, surtout pour les personnages des frères Burns, les dynamiques de violence, d’admiration et de toutes sortes de liens du sang et/ou du cœur qui peuvent unir des personnages pour lesquels, sans cela, on n’aurait aucune empathie. Je trouve ce film-ci plus réussi, moins faussement contemplatif, avec un style plus original, plus incisif.

Du côté des interprètes, Guy Pearce est comme d’habitude assez bon, même si un peu trop hébété pendant 90% du film (on attend un déclic, un réveil, pendant trop longtemps). Je trouve en revanche Danny Huston assez insupportable dans le rôle d’Arthur Burns, le frère aîné, le plus coupable (?), qui s’est retiré dans la montagne. Ce personnage de meurtrier qui cite de la poésie et qui est plein de sagesse me rend toujours un peu perplexe, et Danny Huston, pour parfaire le tout, se regarde jouer. Grosse faiblesse du film selon moi. Emily Watson est terrible dans le rôle de la femme du capitaine Stanley, car le rôle est terrible. Difficile d’en dire plus. Quant à Ray Winstone, le capitaine, je le trouve vraiment excellent, autant dans ses moments de cruauté que dans sa recherche désespérée de sérénité, voire de bonheur. Le personnage est très beau.

Il manque un petit quelque chose à ce film, qui est assez long, et qui se regarde un peu trop lui-même, et finit, à cause de cela, par me perdre. Et j’ai raté La Route en salles donc je vais devoir patienter un peu avant d’en dire plus sur John Hillcoat.

500 jours ensemble (Mark Webb)

Mardi 16 février 2010

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Tom a le coup de foudre pour Summer, la nouvelle secrétaire. Tom croit en l’amour éternel et unique ; Summer non. Pourtant, la relation se noue, jour après jour. 500 jours…

C’était un film très attendu, avec la charmante Zooey Deschanel, et le non moins charmant Joseph Gordon-Levitt. Un couple léger, jeune, joli, un peu décalé, pas trop, juste ce qu’il faut. Une histoire d’amour à la fois romantique et pas trop.

Comme toujours, trop d’attente tue le film, et si j’ai passé un bon moment, je n’ai pas été transportée comme je l’aurais voulu, jamais… On a finalement ici une petite histoire banale, un personnage féminin un peu pénible, et surtout, un enchaînement de séquences sympathiques plutôt qu’une construction globale avec une réelle progression dramatique.

Il y a cependant de jolies scènes et de jolies idées, en particulier ce split-screen entre « la réalité » et « les espérances », que l’on a probablement tous vécu des dizaines de fois, ou encore cette belle scène musicale où Joseph Gordon-Levitt danse et exprime la félicité de son personnage (là encore, c’est assez juste). Zooey Deschanel excelle dans ce personnage de fille un peu agaçante mais assez « authentique », dans son évolution, sa manière de se lasser, doucement, de se fermer.

Le film est donc plutôt bon mais je regrette de ne pas avoir été plus surprise que ça, plus emportée dans un élan ; je trouve que malgré les nombreuses qualités du film, il lui manque une petite dynamique. Mais je le reverrai avec plaisir, et peut-être que ça fonctionnera mieux la seconde fois.

Titre original: 500 Days Of Summer
Catégories : CINÉMA  - Avis

Doute (John Patrick Shanley)

Dimanche 14 février 2010

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Dans une école religieuse du Bronx, le père Flynn, plutôt avant-gardiste, est soupçonné par l’une des sœurs, la plus ancienne et la plus influente, d’être coupable d’attouchements sur l’un des élèves. La jeune sœur Aloysius, fraîche et optimiste, se laisse perturber par ces soupçons et, troublée, en vient à confirmer les faits.

De moi-même, je n’aurais jamais vu ce film, qui semblait être ni plus ni moins qu’un écrin à « performances pour Oscars » ; et j’ai déjà dit ici à quel point, selon moi, Philip Seymour Hoffman est capable du pire comme du meilleur.

Les premières minutes ont été en effet assez douloureuses, pesantes, grises, devant cette mise en scène sans inventivité, qui faisait penser une pièce de théâtre filmée. Et pour cause : l’auteur John Patrick Shanley adapte ici sa propre pièce.
Et, du coup, arriva ce qui devait arriver : des acteurs.

Philip Seymour Hoffman, donc, qui livre une incarnation assez intéressante de ce personnage de prêtre qui est trouble surtout par le regard des autres, et qui reste, à côté de cela, étrangement lumineux. Un personnage complexe et vraiment riche, déstabilisant : doit-on le juger ? le haïr ? l’aimer ?

Meryl Streep, l’actrice la plus étonnante du star system hollywoodien, est ici magistrale. Nulle autre qu’elle n’affiche un tel plaisir de jouer, et elle s’en donne à cœur joie dans le rôle de Sister James, cette femme d’un autre temps qui s’est refermée et pliée aux dictats d’un monde masculin et patriarcal, jusqu’à en exploser, et qui malgré tout conserve son regard tranchant (et lucide ?) sur le monde. J’ai passé certaines scènes la bouche ouverte et les yeux ronds, tellement l’actrice est impressionnante, tant dans les moments de bouillonnement intérieur, que de sarcasme, ou de colère.

Et puis il y a Amy Adams, Sister Aloysius et sa bienveillance éternelle, son enthousiasme, ses déceptions, sa fraîcheur infinie, sa délicatesse, sa fragilité. Ça a été pour moi une vraie révélation, et de taille. L’actrice, jeune recrue du cinéma américain, est à mes yeux au même niveau que ses deux partenaires chevronnés, sur un registre certes assez différent. Mais il y a une vraie grâce chez Amy Adams, une vraie douceur dans son interprétation de ce personnage si foncièrement bon, et si profondément brisé. Elle porte sur ses épaules une bonne partie de l’émotion du film. Une nouvelle venue dans mes actrices favorites, et en tout cas ; j’en reparlerai.

Le film se déroule d’une façon assez linéaire, on sent très nettement les « scènes » qui s’enchaînent, dont une, assez poignante, entre Sister James et la mère du petit garçon (Viola Davis). Le réalisateur tente de varier les lieux, mais ça ne prend pas. C’est d’un côté un échec de mise en scène cinématographique, et de l’autre, c’est l’occasion idéale pour se concentrer uniquement, du début à la fin, sur le jeu de ces trois talentueux comédiens.

Dommage aussi que le propos reste si trouble, même si le titre explique tout… On reste en attente de quelque chose, même en ayant compris qu’ici, la vérité n’a plus guère d’importance.

Le drôle de Noël de Scrooge (Robert Zemeckis)

Samedi 6 février 2010

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Le vieux Scrooge est aigri, insensible, acariâtre, et très avare, malgré sa grande richesse. N’étant capable que de méchanceté, il est solitaire et méprise profondément les fêtes, en particulier celle de Noël. Mais à la veille de Noël, il reçoit la visite du fantôme de son ancien associé, qui lui annonce que trois esprits viendront le voir bientôt…

En voyant les premières images du film puis les premières vidéos, j’ai eu si peur que j’en ai annulé mon voyage à Londres pour aller le voir en IMAX 3D.

Pourtant, heureusement, le film est bien meilleur que ce que laissait présager sa promotion.
La 3D, déjà, aide beaucoup à apprécier le design du film (mais c’est vrai que je ne trouve pas ça de toute beauté).
Ensuite, le film est vraiment très sombre, et même souvent effrayant ! Je déconseille absolument d’y emmener de petits enfants. Enfin bon, maintenant c’est un peu tard puisque le film ne doit plus être à l’affiche…

Jim Carrey prête sa voix (et son corps, oui oui) à de multiples personnages, ce qui, peut-être, renforce cet aspect inquiétant. Gary Oldman est très bon aussi dans ce rôle secondaire touchant.
Ce qui manque parfois à certains personnages (comme celui du neveu, interprété par Colin Firth), c’est un éclat de vie dans l’œil, ce truc qui apparaissait, çà et là, dans Beowulf, et qui fait passer le défi technique à un autre niveau.

Malgré tout, pour ceux qui ne sont pas bornés au point de rejeter « tout ce qui contient des effets spéciaux », je vous encourage à dépasser les premières impressions et à jeter un œil à ce sombre conte. On est loin de la niaiserie sans nom commise par Zemeckis il y a quelques années (Le Pôle Express) et c’est un divertissement un peu âpre, un peu biscornu.
Attachant.

Non ma fille, tu n’iras pas danser (Christophe Honoré)

Samedi 26 décembre 2009

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Léna se débat avec ses deux enfants, car elle s’est récemment séparée de leur père, Nigel. Têtue, indépendante et trop sensible, elle se heurte aux remontrances de sa sœur, dont la vie familiale semble plus idéale, et aux reproches étouffants de ses parents.

Ce genre de cinéma français, avec une phrase comme titre et des propos dépressifs, n’est pas forcément ma tasse de thé. Mais Chiara Mastroianni a tendance à éveiller ma curiosité.

A dire vrai, j’ai un peu oublié ce film, trois mois plus tard, mais il ne m’avait pas été totalement désagréable – à l’exception du conte breton en milieu de film, tant loué par certains critiques, que je trouve abscons et faussement profond. Ce qui m’a le plus agréablement surprise, c’est que le film défend la féminité, défend les mères, les filles (surtout les filles), les sœurs, et tente de montrer à quel point ces liens familiaux sont complexes, inextricables, vitaux et insupportables. Léna est parfois agaçante, dans son égoïsme, son inflexibilité, ses caprices, mais je trouve le personnage assez juste, malgré tout. J’aime bien le traitement de la copine du frère, qu’on prend pour une idiote, et qu’on considère forcément comme « l’étrangère », celle qui gêne.

En somme, ce n’est pas forcément un film que je reverrais, mais je l’ai trouvé plutôt bien écrit, assez touchant, et avec un vrai regard engagé dans sa manière de dépeindre cette famille et ses tensions.

Avatar (James Cameron)

Vendredi 25 décembre 2009

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Jake Sully est un ancien marine, aujourd’hui paraplégique.  Suite à la mort de son frère, il se fait aborder pour remplacer ce dernier dans le programme « Avatar ». Il s’agit de lier son esprit et son corps à un avatar créé génétiquement, afin de pouvoir évoluer sur la planète Pandora, dont l’environnement est hostile aux humains. Mélange de gènes humains et de gènes Na’vi (les habitants de Pandora), l’avatar de Jake lui permet de courir, de s’intégrer dans la société Na’vi, et de tomber amoureux. De quoi lui couper toute envie de revenir dans son propre corps…

On entend parler de ce projet depuis bien longtemps maintenant. Et donc, plus de dix ans après Titanic, sort enfin le dernier film de James Cameron, d’autant plus attendu qu’il s’annonçait comme une petite révolution cinématographique.

En général, face à une telle attente, j’essaie de me préserver au maximum, et de voir le moins de choses possibles en rapport avec le film : aucune bande-annonce, aucune photo, aucune affiche, aucune critique, rien. Ce qui devient une sacrée gageure à quelques semaines de la sortie, mais j’ai finalement réussi, à peu près, afin de recevoir le film d’un coup, sans avoir construit de fausses attentes autour de détails.

Visuellement, je m’attendais à un choc. Qui n’a pas eu lieu.
Mais le monde de Pandora est effectivement très bien fait, la 3D aide à un plongeon total dans l’action, dans les paysages, sur les visages des personnages. Les combats, les explosions, les cendres qui tombent, tout cela est très bien rendu. On chevauche des créatures volantes, on fait face à des bêtes féroces, on assiste à de véritables scènes de guerre.

Tout cela serait probablement plus fort si, à côté, le scénario et plus particulièrement la narration étaient dignes de ce nom. Malheureusement, Cameron aligne les stéréotypes les plus classiques, que ce soit au niveau des personnages ou de leur évolution narrative. Ce qui convenait parfaitement au classicisme de Titanic (et d’ailleurs, Titanic, dans sa construction, était bien plus inventif…) choque complètement ici ; et, pire que du classique, il y a ici beaucoup de convenu. Gros handicap pour un film qui se veut futuriste ; et il y a une vraie dichotomie entre la forme et le fond, ce qui est à mon sens un assez gros problème.
Je passe sur la peuplade forcément humanoïde, sur les fortes inspirations d’origines diverses (par exemple, Miyazaki avec la forêt de Mononoké, les montagnes volantes du Château dans le ciel, le vol sur dragon de Chihiro ; et à peu près une centaine d’histoires connues pour la trame de l’histoire entre Jake et de Neytiri…), sur le fond bien manichéen et fortement empreint d’un religieux qu’on trouverait pesant chez n’importe quel autre cinéaste.
Mais surtout, je n’arrive pas à comprendre comment, sur un projet d’une telle envergure et d’une telle ambition, on peut arriver à se contenter d’un scénario pareil. Certes, il ne fonctionne pas si mal. Certes, ça n’est pas non plus franchement mauvais. Mais c’est médiocre, et je pensais que quelqu’un du niveau d’exigence de James Cameron se devait de nous offrir un peu plus que ça.

L’autre gros point noir, c’est la musique, de James Horner encore une fois. A chaque début de mélodie, on recherche de quel autre film c’est le thème. Quand ce ne sont pas de pseudos chants ethniques à la noix, avec de jolis accents de synthétiseur. La palme revenant bien entendu à la chanson de générique de fin, qui réussit à faire pire que Céline Dion (dans le même style, d’ailleurs, mais en carrément inaudible et sans potentiel, je crois, de hit-parade).

C’est dommage, j’aime beaucoup Sigourney Weaver (toujours la grande classe) ; Jake Sully est un personnage intéressant, surtout au début, dans son rapport à son double corps (le sien / celui de son avatar) ; mais au fur et à mesure, je trouve que l’intérêt se dilue. Les thématiques (la nature, etc) pourraient me toucher, mais elles sont traitées avec de gros sabots (la référence à Miyazaki n’est qu’un lointain écho, car on n’en a jamais le souffle ni la subtilité) ; et, pire, sur les plans émotionnels et sensoriels, je reste sur ma faim, largement. La plus belle scène du film, et de loin, étant celle où Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

Avatar est donc à mes yeux un film techniquement quasi irréprochable, mais à qui il manque un peu l’essentiel, et qui se contente de bien peu sur le fond, car on nous promet du jamais-vu et on n’a que du recyclé. J’avoue que ça me laisse perplexe, pour un tel projet…

Max et les Maximonstres (Spike Jonze)

Jeudi 24 décembre 2009

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Max est un petit garçon plein de colère. Accumulant bêtise sur bêtise, il finit par s’évader sur une île merveilleuse peuplée par un petite groupe de monstres à fourrure, dont il devient le roi.

Au départ du projet, j’étais intriguée. Le livre ultra célèbre de Maurice Sendak ne fait que quelques pages, ne comporte que quelques lignes de texte, et son intérêt est avant tout affectif : pourquoi en faire un long-métrage ?

Et puis, quelques mois plus tard tombait une bande-annonce, avec, en musique de fond, un réenregistrement de la chanson « Wake Up » de Arcade Fire, et dont s’échappait une magie et une poésie infinie. Le film « style indé » phare de l’année était donc là !

La déception est grande de mon côté. Le récit n’est pas enrichi, mais dilué. Les enjeux ne sont pas renforcés, mais égocentrés. J’ai la sensation de voir une auto-psychanalyse de Spike Jonze pendant 1h40. J’ai la sensation qu’il fait semblant de s’adresser aux enfants tout en s’adressant aux adultes, voire, pire, aux adolescents. La pire chose qui soit pour moi, en fait.

Max m’horripile. Je n’ai aucune empathie en grande partie à cause de cela, ou parce que je n’ai jamais été un petit garçon, je ne sais pas, mais rien (ou pas grand-chose) ne me parle dans ce personnage. Sa mère new-age fatiguée-mais-cool n’est là que pour lui faire à manger et lui pardonner ses pires bêtises. Et pour sourire en inclinant la tête sur le côté. (Mais là bon on n’y peut rien, c’est Catherine Keener, qui depuis quelque temps n’a plus que deux expressions, dont celle-là, dans sa palette de comédienne.)

Bref, le propos final m’agace plutôt, ou en tout cas, il est présenté d’une manière qui m’embête un peu.

Quant au milieu, le cœur du film, la vie chez les monstres, eh bien… c’est l’ennui. Prenant le prétexte d’adopter la narration typique d’un jeu d’enfant, Spike Jonze brode sur du vide. Oubliant, peut-être, qu’un enfant est mille fois plus inventif que ça. En projetant sur cette enfance les problématiques de sa propre vie d’adulte, Jonze, à mon avis, passe à côté de tout.

Reste selon moi deux moments de magie, deux vrais : lorsque Max fait voguer un petit bateau de papier sur ses draps, et lorsque l’eau envahit les sillons du paysage miniature. Là, la poésie surgit du jeu… enfin.

Je vous laisse avec la première bande-annonce teaser, déjà parce que je la trouvais belle (et ça ne m’arrive qu’une ou deux fois par an, d’apprécier vraiment une bande-annonce), et ensuite parce que je pense que le film aurait dû être ça, ni plus, ni moins.

I Love You, Man (John Hamburg)

Dimanche 20 décembre 2009

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Peter est agent immobilier et est sur le point de se marier. Sa future épouse s’inquiète de voir que Peter n’a aucun ami assez proche pour lui servir de témoin lors du mariage. Après une recherche active et pitoyable de l’ami parfait, Peter tombe par hasard sur Sydney, et très naturellement, les deux hommes deviennent amis.

Il y a dans ce film beaucoup de défauts que l’on retrouve chez Judd Apatow, à commencer par des longueurs intolérables. Le film met un temps fou à démarrer, gardant l’arrivée de Sydney comme un climax qui tombe un peu à plat.
Il y a ensuite Jason Segel dans le rôle de Sydney, le type « cool », que j’avais d’abord trouvé sympathique dans How I Met Your Mother, puis qui m’a vite lassée voire agacée, surtout en rôle de premier plan.
Et puis enfin, tout un tas de poncifs, qui se croient inédits mais qui sont tout aussi atterrants que ce que l’on trouve dans une comédie romantique basique, sur les hommes, les femmes, le couple.
La figure de Peter, intéressante au début dans toute son anormalité et son rapport aux autres très limité, devient alors vite un personnage comme un autre, qui a certes le charme de Paul Rudd mais qui ennuie finalement rapidement.
Quelques gags plus ou moins réussis parsèment le film, mais j’en ai déjà oublié la majorité.

Hors du temps (Robert Schwentke)

Dimanche 11 octobre 2009

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Henry DeTamble est, depuis le jour de la mort de sa mère lorsqu’il avait 5 ans, atteint d’une pathologie bien particulière : régulièrement, sans pouvoir le prévoir ou le contrôler, il disparaît du lieu et du moment où il se trouve pour voyager dans le temps, sans vêtements ni repères. Mais il rencontre un jour celle qui sera son attache au présent, Clare Abshire, la femme qu’il aime. Mais cette dernière le connaît depuis qu’elle est toute petite ; en effet, Henry plus âgé est souvent venu la voir…

J’attends ce film depuis que le projet a été annoncé et que ma copine Rachel McAdams a été annoncée pour interpréter le rôle titre. Rôle titre, oui, parce que le titre original est « The Time Traveler’s Wife », « La femme du voyageur dans le temps ». J’ai aussitôt entrepris de lire le roman dont le film est l’adaptation, « Le temps n’est rien », de Audrey Niffenegger (pourquoi se contenter d’un seul titre VF, enfin, voyons, ce serait dommage). Et le fait est que ce livre m’a bien plu, par sa construction atypique en particulier : une alternance de passages du point de vue de Clare et d’autres du point de vue de Henry, tout en se concentrant davantage sur la chronologie de la vie de Clare que sur celle de Henry. Histoire d’amour à la fois romantique mais dure par certains aspects (la relation finit par devenir difficile, et franchement désespérée au bout des nombreuses tentatives de grossesse), le roman semblait être fait pour être adapté sur le grand écran.

Comme la plupart des gens, j’ai déchanté en voyant le nom de Robert Schwentke (Flightplan) aux commandes. Du coup, mon attente a terriblement baissé. D’autant que film a mis un temps fou à sortir… Il était enfin prévu pour 19 août en France, mais a finalement été repoussé au 25 novembre…
Curieuse malgré tout, j’ai profité d’un voyage à Londres début septembre pour découvrir le film et voir s’il allait être aussi catastrophique que ce que je craignais.

Alors non. Pas tout à fait. Pas vraiment. Les acteurs sont bons. Le couple fonctionne plutôt (Eric Bana, Rachel McAdams) et surtout, les moments durs sont réellement émouvant (la fin, en particulier). La photo est parfois étrange, mais moins terrible ce que ce laissait présager la bande-annonce, où tous les visages semblaient lissés et surexposés. Il y a toujours quelques effets étranges sur le visage de Clare petite,mais l’ensemble a un style assez particulier, en touches de couleur.

Cela étant, on a la désagréable sensation de se trouver devant une bande-annonce géante tirée du livre. Tout va beaucoup trop vite, les événements s’enchaînent sans qu’on aie le temps de s’imprégner des choses. La relation entre Henry et Clare s’enclenche trop rapidement, s’installe trop rapidement. Les personnages secondaires passent presque totalement à l’as, ce qui est parfois bien dommage (à quoi sert Gomez ici ???)

Et puis surtout, le scénario choisit de suivre la chronologie de Henry ; c’était probablement la seule solution pour faire un film de moins de 3 heures, mais c’est une véritable impasse d’adaptation.

Vous l’aurez compris, mon appréciation de ce film est terriblement subjective, liée à mon affection pour Rachel McAdams (touchante comme d’habitude, mais qui ne trouve pas ici le rôle de sa carrière, ce qu’il aurait pu être…) et à mon attachement pour le livre. Mais à en juger par les réactions des autres spectateurs (des Anglais, certes, mais bon), je crois que le film fonctionne, en tant que bon gros mélo. Quelques scènes sont vraiment touchantes et il faut être très fort pour rester de marbre en les voyant.

Mais, puisque vous en avez encore le temps, je ne saurais que vous conseiller d’accorder quelques instants à la visite de votre librairie ou de votre bibliothèque préférée pour découvrir le roman de Audrey Niffenegger : c’est un bon moment de lecture et le film ne vous en paraîtra que meilleur. Car le livre n’est pas simplement un bon gros mélo. Ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle, mais c’est plus que ce que le film pourrait laisser penser.

Je reverrai certainement le film en salles en France et peut-être que je déchanterai à nouveau…

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