Susie Salmon mène une vie d’adolescente ordinaire. Un soir, en revenant de l’école, elle rencontre son voisin qui l’attire dans un piège et l’assassine. Une fois morte, Susie a beaucoup de mal à laisser sa vie derrière elle, tandis que sa famille et ses proches font face à sa terrible disparition.
J’ai vu le film après beaucoup de gens, après avoir entendu à quel point il était raté, laid, mal fichu, inintéressant.
Encore une fois, l’attente joue toujours beaucoup pour moi, dans un sens ou dans un autre. Aurais-je aimé autant si je l’avais vu plus tôt, ou sans entendre aucun avis ? Je ne sais pas.
En tout cas, oui, je pense que d’un côté, le film est raté, car il manque pas mal de choses du livre d’Alice Sebold (que j’ai eu la chance de lire il y a quelques années, et dont je ne me souviens, du coup, presque plus), et aussi parce qu’il y a quelques détails esthétiques de goût douteux. Je ne suis pas complètement réfractaire aux effets spéciaux qui constituent le « paradis », mais le passage magazine / disco passe assez mal. Et puis le personnage de la grand-mère est particulièrement hors de propos aussi, avec sa séquence « montage » où tout le monde s’amuse… (!) On se demande un peu ce que ça vient faire là, à part pour distraire Susan Sarandon… Et enfin, je suis totalement perplexe pour le choix de l’acteur qui interprète Ray, car je trouve la différence d’âge assez perturbante… (et en plus il est assez mauvais).
On dit aussi beaucoup de mal de Mark Wahlberg. Il est certes un peu jeune pour le rôle (qu’aurait-on dit de Ryan Gosling, prévu avant lui ?) mais je le trouve relativement convaincant. Cette jeunesse le rend fragile, le rend proche. Rachel Weisz irradie, comme d’habitude, mais son personnage n’est pas assez présent.
La sœur en revanche est probablement le personnage secondaire le plus réussi, celui par lequel beaucoup d’émotions passent dans la deuxième partie du film. On s’émeut avec Susie de la voir grandir. Sa scène de bravoure chez Harvey est haletante, non seulement parce que la réalisation et le montage en sont splendides, mais aussi parce que cette sœur qui se bat, qui avance, tout en tenant bon et en gardant en tête le passé, nous touche. Que dire ensuite de ce double geste qu’elle a en rentrant chez elle et en trouvant sa mère (de cacher d’abord le carnet, puis de le brandir, d’un coup).
Le film est à mes yeux plein de ces moments-là. Des fulgurances, des scènes si bien faites, si touchantes avec simplement des détails, que j’en oublie le reste. Je peux en citer beaucoup, mais je me contenterai de quelques-unes. Quand Susie démarre la voiture avec son frère qui s’étouffe. Dans la pièce blanche avec Harvey dans la baignoire. Quand Susie décide de rentrer dans la maison obscure. Dans le jardin de Harvey, quand Mr. Salmon comprend, leurs échanges, leurs regards autour de ces brindilles absurdes.
Stanley Tucci est terriblement grimé mais il incarne assez parfaitement Harvey, et en est terrifiant. Rien à voir avec les serial killers sympas qui peuvent habiter nos écrans dernièrement (non pas que je n’aime pas Dexter, attention). Ici on ressent la mort. L’horreur du sang, la sauvagerie qui consiste à découper, à emballer, à enfermer, à enterrer.
Et puis il y a Saoirse Ronan. Elle était déjà excellente dans Reviens-moi et ici elle récolte un rôle très difficile, dans lequel d’ailleurs elle n’est pas époustouflante. Mais. Mais parfois, dans ses yeux, quelque chose d’unique passe, quelque chose qui mélange à la fois terreur et émerveillement, et qui arrive à saisir de manière incroyable ce moment tangent où l’enfance se transforme en adolescence, et la terreur que c’est, d’avoir une petite fille morte en soi.
Le film, au fond, ne (me) parle que de ça, et ces fulgurances, ce regard, sont si bouleversants que peu importe que le paradis soit trop coloré ou que la chanson de fin soit mal choisie. Ces moments-là font beaucoup avec peu, avec des détails, arrivent à créer de l’émotion avec des cadrages, un montage bien pensé, une lumière adaptée. C’est comme ça qu’on sait qu’il y a un vrai metteur en scène derrière tout ça, et, bon sang, ça n’arrive pas tous les jours…
Julie, trentenaire un peu désorientée, décide de faire un blog de cuisine en réalisant toutes les recettes du livre best-seller de Julia Child, américaine qui a vulgarisé la cuisine française outre-Atlantique… Le film suit en parallèle les histoires de ces deux femmes.
Je ne connaissais pas le personnage de Julia Child, j’ignore s’il s’agit d’un vrai personnage « culte » aux États-Unis ou non, mais en tout cas, l’interprétation de Meryl Streep, est – une fois encore – assez folle. L’actrice s’amuse, comme d’habitude, et s’en donne à cœur joie, frôlant parfois de très près le cabotinage, avec voix perchée, rire forcé et sourire débonnaire. Un grand personnage comique en tout cas, avec des côtés touchants assez réussis, notamment dans la relation, jolie, avec son mari (Stanley Tucci).
Amy Adams est aussi plutôt bonne dans le rôle de cette Julie qu’on a parfois envie de gifler, de temps à autre. Elle trouve moins matière à s’amuser que sa collègue et le personnage est un peu étriqué pour elle – je crois. Mais elle reste très attachante. Son compagnon, Chris Messina, fait partie des acteurs pour lesquels je ressens un dégoût inexplicable ; le voir manger – salement, qui plus est – à plusieurs reprises, forcément, fait partie des pires moments du film.
A part ça, c’est un film gentil, pas mal fait mais un peu mou, qui manque d’une vraie force directrice. La non-relation entre les deux personnages du film est certainement ce qu’il y a de plus intéressant – et de plus amer – dans ce que ça raconte…
Bliss Cavendar se sent un peu à l’étroit, dans sa petite ville perdue dans le Texas, enfermée entre les cours, son job dans un « diner » de bord de route, et les concours de beauté auxquels sa mère tient tant. Elle découvre par hasard un nouveau monde, celui du roller derby, avec des équipes de filles iconoclastes qui s’affrontent sur une piste de course, chaussées de rollers et animées d’une énergie rageuse dans laquelle Bliss se reconnaît.
Grosse et excellente surprise que ce film, qui est la première réalisation de ma copine, l’actrice Drew Barrymore. Le sujet peut surprendre, voire rebuter : des filles sur des rollers, mouais, quelle drôle d’idée. Avec Ellen Page, prête à nous refaire un Juno version sportive ?
Mais non. Déjà, je trouve qu’Ellen Page est vraiment bien dirigée, et son personnage existe très rapidement, un mélange de timidité, de sagesse, de détermination, de rage, de douceur. Tout ça en même temps, oui oui. Et puis, il a sa très belle relation avec sa meilleure amie, interprétée par Alia Shawkat (surtout connue pour son rôle de Maeby dans la série TV Arrested Development). Il y a une vraie complicité entre les deux, et l’amitié qui les lie est vraiment incarnée et a des accents réellement authentiques, proches de ce qu’est vraiment une amitié entre deux filles vers la fin de l’adolescence. Drew Barrymore, on le sent, a beaucoup de tendresse pour ces deux personnages.
Les parents sont un peu caricaturaux, mais pas tant que ça, parce que rien n’est exagérément appuyé. La mère (Marcia Gay Hayden) est à la fois exigeante, tyrannique, mais elle n’est jamais condamnée. Au contraire, le film se place aussi de son côté, cherche à la comprendre – et y parvient.
Et puis il y a toutes les roller-girls. Kristen Wiig, très drôle et qui a une belle présence ; Zoe Bell, cascadeuse passée aussi comédienne (en particulier dans le bavard Boulevard de la mort de Quentin Tarantino) ; Juliette Lewis, que pourtant j’abhorre d’habitude, et qui ici incarne parfaitement l’ennemie détestable ; et enfin Drew Barrymore elle-même, qui s’est octroyé un rôle très secondaire mais vraiment amusant (elle tombe, se jette de rage sur ses adversaires même en sachant que ça lui vaudra l’exclusion…) Toute cette énergie féminine, tous ces personnages qui pourraient être un peu perdus sans leur passion, sont vraiment bien décrits, et très vite attachants.
Même les scènes d’action, sur les matchs, sont vraiment bien menées, dynamiques, bien montées, lisibles. On se surprend à se passionner pour le déroulement d’un match, alors qu’on ignorait l’existence de ce sport quelques minutes auparavant.
Pour ce qui est de l’intrigue, malgré quelques passages obligés, on évite quand même pas mal de clichés, tels que le happy end miraculeux. S’il y a happy end, il est plus subtil que ça.
Drew Barrymore a su faire de très bons choix, que ce soit niveau casting, niveau bande originale (très bonne sélection de morceaux), et probablement niveau technique, car le film a un rythme soutenu. Surtout, c’est son regard sur cette histoire, sur ses personnages, qui ne se départ jamais de cette tendresse dont j’ai déjà parlé, et qui fait toute la différence.
Qui plus est, c’est un film très agréable à regarder, qui met de bonne humeur et qui arrive à transmettre un peu de son énergie vitale… Une vraie réussite. Bravo Drew !
Alors que le Dr Watson s’apprête à quitter Sherlock Holmes pour s’installer avec sa future femme, laissant le détective seul et en proies à ses angoisses, de mystérieuses morts apparaissent dans Londres, liées à un personnage sombre, puissant et inquiétant, Lord Blackwood.
Comme je n’ai jamais pu supporter un film de Guy Ritchie jusqu’à la fin, je n’avais, malgré le casting, aucune attente particulière pour ce film-ci, que je pressentais creux et tape à l’œil, à l’instar des précédentes œuvres du réalisateur. On dirait que Guy Ritchie a réussi à se canaliser un peu, ce qui donne un vrai film qui se tient et qui fonctionne même plutôt bien.
La photo du film est très particulière, dans les gris mais avec un petit grain fantastique qui, s’il surprend de premier abord, n’est pas sans intérêt. Ça colle en effet particulièrement bien à l’atmosphère londonienne poisseuse qui est la toile de fond, presque un personnage à part, de l’intrigue. Les décors aussi sont particulièrement soignés et en cohérence avec ce choix.
Côté personnages, le gros point faible à mes yeux est Lord Blackwood, interprété qui plus est par un sous-Andy Garcia assez insignifiant. Les deux personnages féminins (que je redoutais particulièrement) ne sont pas excellents, sans être totalement honteux. Kelly Reilly semble quand même avoir du mal à sortir de ses tics habituels de jeu (yeux plissés, bouche en cul de poule) pour donner un peu d’épaisseur à cette fiancée qu’on a, comme Holmes, un peu envie de détester, tout en ayant une certaine tendresse à son égard. Rachel McAdams sort un peu de ses rôles habituels avec ce personnage de manipulatrice amoureuse. Plus adulte que la plupart des rôles qu’elle a interprétés avant, c’est un personnage qui lui va plutôt bien, mais là encore, on manque quand même de fond pour avoir quelque chose de vraiment intéressant.
Robert Downey Jr présente ici, comme on pouvait s’en douter, un Sherlock Holmes un peu chien fou, ce qui en soi est un choix qui se défend, mais j’aime bien aussi quand Robert Downey Jr fait autre chose qu’être en roue libre et fournir à son public chéri « du Robert Downey Jr ». Il est, comme d’habitude, charmant, fascinant, et drôle, mais j’aurais aimé quelque chose d’un peu plus particulier.
La vraie surprise vient de Jude Law, dont certaines prestations ces dernières années pouvaient laisser penser que sa carrière et son talent s’éteignaient peu à peu. Il trouve ici, selon moi, un de ses meilleurs rôles depuis bien longtemps. Il donne au Dr Watson quelque chose de bien à lui, cette sorte de recul doublé d’un attachement involontairement très fort à Holmes et à ses frasques, et une sorte de dignité sérieuse de l’éternel second. La relation Holmes-Watson, dans tout son paradoxe et sa complexité, fonctionne surtout grâce à lui.
L’intrigue part parfois dans des méandres un peu douteux, mais ça fonctionne, à la frontière du fantastique. Maintenant, ce qui manque à Guy Ritchie, et qui fait cruellement défaut au film, c’est un peu d’élégance…
Giselle, une princesse de dessin animé, vit dans la forêt avec ses amis oiseaux, souris, écureuils et rêve du prince charmant. Lorsque celui-ci arrive enfin, et que tout les destine à un avenir heureux de mariage et d’enfants, la mère du prince, vile et cruelle, décide d’éviter de perdre son trône et réserve le pire des sorts à Giselle : elle l’envoie à l’endroit où il n’y a pas de « happily ever after ». C’est à dire à Times Square.
Il aurait fallu me payer pour que j’aille voir ce film à sa sortie ; je me rappelle encore des atroces affiches en 4 par 3 dans le métro, production Disney avec des « vrais acteurs », et puis Patrick Dempsey, pouaaaaaaah.
Mais j’ai découvert récemment que James Marsden, mon vieux copain, jouait dans le film. Je me le suis donc procuré.
Puis, j’ai développé un intérêt subit pour Amy Adams : l’affaire était faite, il fallait que je voie ce film.
Et quelle excellente surprise !
Le début, tout en dessin animé, se moque gentiment des codes des films Disney, sans pour autant verser dans le sarcasme et le cynisme. Les oiseaux fabriquent des robes, les souris parlent, les princes vous demandent en mariage dans la minute.
Par la suite, l’atout numéro un, c’est Amy Adams. Je ne vois absolument personne d’autre dans ce rôle, qu’elle incarne de manière absolument incroyable. Elle s’approprie avec une énergie époustouflante ce corps de princesse Disney, depuis ses grands yeux ronds jusqu’à ses boucles rousses, chaque parcelle de son corps est perpétuellement en jeu, c’est très beau à voir. Le personnage, par ailleurs, est très beau aussi : l’innocence et l’enthousiasme qui se heurte, sans se casser, à des murs incessants ; la manière dont sa spontanéité outre, désarme, perturbe ceux qu’elle rencontre…
Et puis, petit à petit, la présence de ce corps, fait de chair, de désirs, qui change tout, surtout entre la princesse et son prince… Finalement assez osé pour un film Disney, car au fond, le propos est bien là.
James Marsden est lui aussi très enthousiaste dans son interprétation, bien que plus en force que sa partenaire, mais assez amusant ; Patrick Dempsey remplit son rôle de personnage masculin de premier plan ; un autre acteur aurait probablement pu rendre l’histoire encore plus réjouissante et plus crédible. Bon, il y a bien un écureuil animé parfois un peu laid, mais il est sympathique. Et puis… la reine…
Un vrai coup de cœur en tout cas. Parfait film de Noël (oui, je sais, mais ce sera encore valable pour Noël prochain…)
Guido Contini, réalisateur renommé, fait face à une panne d’inspiration profonde et se laisse tourmenter par les femmes qui ont marqué sa vie, et, pour certaines, continuent à le perturber.
Le film se veut une sorte de suite à Huit et demi (si, si) et essaie, tant bien que mal, de jouer avec la mise en abyme, avec un montage atypique pour montrer un peu les affres de la création.
Tout cela est relativement raté. On ne peut pas dire que Chicago, autre comédie musicale de Rob Marshall, brillait par sa mise en scène, mais ici, on s’ennuie réellement. Quant aux affres de la création, ça se limite à : 1/ le réalisateur-scénariste ne sait pas quoi écrire 2/ il se rappelle quelques rencontres féminines, essaie de se retirer du monde, n’y arrive pas.
Rob Marshall a convoqué pour cela un casting cinq étoiles, du plus bel effet sur les affiches. Daniel Day-Lewis, le pauvre, se voit affublé de cette image d’Epinal du réalisateur italien tourmenté. Il n’est pas mauvais, mais n’a franchement que peu de grain à moudre. Nicole Kidman ne trouve pas non plus ici d’occasion de prouver qu’elle est redevenue une bonne actrice, dans ce personnage de comédienne qui pourrait être intéressant, mais à peine exploité et, de toutes façons, figé dans ce visage massacré par la chirurgie, qui ne convient plus qu’à des publicités pour des boissons gazeuses. Penelope Cruz hérite de la pire scène musicale du film, mal filmée, mal montée, sur une musique immonde, dans une vulgarité infinie. Son personnage est par ailleurs éculé et agaçant. Kate Hudson elle non plus n’est pas très gâtée, dans le rôle d’une journaliste américaine qui a autant de profondeur qu’un peigne. Sophia Loren est absolument terrifiante (involontairement) dans le rôle de la mère de l’artiste ; Fergie, chanteuse des Black Eyed Peas, a la chance d’avoir tiré un rôle muet, et d’avoir la chorégraphie la plus originale et la mieux conçue. Seules deux actrices sortent du lot : Judi Dench, qui arrive décidément à ajouter son petit grain de sel au moindre de ses rôles (ici, celui d’une couturière bienveillante) ; et Marion Cotillard, dans un rôle plutôt mal fichu (l’épouse délaissée), mais qui réussit à faire poindre un peu d’émotion, et qui nous fait découvrir une bien jolie voix.
On a bien quelques effets de construction intéressants, mélangeant réalité et pensée de Contini, mais ça n’aboutit jamais sur rien. On attend, comme dans Chicago, un climax qui ne vient jamais. Ça n’est que rarement mauvais, mais c’est raté.
On oubliera donc très vite cet échec, qui ne raconte pas grand-chose sur pas grand-chose et qui échoue à mettre en valeur son casting…
Dans une Australie que les Anglais ont déjà bien colonisée, la sauvagerie et la violence règnent en maître. Entre les frères Burns, hors-la-loi coupables du massacre d’une famille, et les hommes du capitaine Stanley, on ne sait plus lesquels sont les plus à blâmer. Le capitaine demande à l’un des frères Burns, Charlie, apparemment plus raisonnable, de trouver et tuer son frère aîné, Arthur, le plus dangereux, pour sauver son plus jeune frère, gardé en ville en prison jusqu’à son éventuelle mise à mort.
Le film date en fait de 2005 mais la sortie de La Route, du même John Hillcoat, adapté du roman à succès de Cormac McCarthy, l’a amené jusqu’à nos écrans.
Précédé d’une bonne réputation, le film est en effet réalisé avec un style certain. La première scène est très dure et montre un pays en proie aux pires violences, défiguré et baignant dans le sang des divers génocides, meurtres et autres crimes qui semblent être la base de toute opération de « civilisation » suite à une colonisation.
En cela, le film réussit à frapper par ce propos particulièrement dur et âpre.
Il y a une certaine parenté avec L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, surtout pour les personnages des frères Burns, les dynamiques de violence, d’admiration et de toutes sortes de liens du sang et/ou du cœur qui peuvent unir des personnages pour lesquels, sans cela, on n’aurait aucune empathie. Je trouve ce film-ci plus réussi, moins faussement contemplatif, avec un style plus original, plus incisif.
Du côté des interprètes, Guy Pearce est comme d’habitude assez bon, même si un peu trop hébété pendant 90% du film (on attend un déclic, un réveil, pendant trop longtemps). Je trouve en revanche Danny Huston assez insupportable dans le rôle d’Arthur Burns, le frère aîné, le plus coupable (?), qui s’est retiré dans la montagne. Ce personnage de meurtrier qui cite de la poésie et qui est plein de sagesse me rend toujours un peu perplexe, et Danny Huston, pour parfaire le tout, se regarde jouer. Grosse faiblesse du film selon moi. Emily Watson est terrible dans le rôle de la femme du capitaine Stanley, car le rôle est terrible. Difficile d’en dire plus. Quant à Ray Winstone, le capitaine, je le trouve vraiment excellent, autant dans ses moments de cruauté que dans sa recherche désespérée de sérénité, voire de bonheur. Le personnage est très beau.
Il manque un petit quelque chose à ce film, qui est assez long, et qui se regarde un peu trop lui-même, et finit, à cause de cela, par me perdre. Et j’ai raté La Route en salles donc je vais devoir patienter un peu avant d’en dire plus sur John Hillcoat.
Dewey Cox, petit, a été responsable de la mort de son frère. Renié par son père, il trouve refuge, très jeune, dans la musique. Ce film raconte son parcours…
Film parodique produit et scénarisé (entre autres) par Judd Apatow, Walk Hard souffre donc des défauts habituels : trop long, et un peu poussif par-ci par-là (mais je me répète.)
John C. Reilly, qui semble ces derniers temps prendre davantage de plaisir à faire le clown dans des comédies de ce genre, en profite pour s’amuser, sans vraiment beaucoup de finesse, mais bon, ça convient au genre.
Ce qui est drôle à voir, ce sont les pastiches de clichés habituels des « biopics » (films biographiques) américains : la construction en flashback, le père haineux avec sa phrase-leitmotiv, l’enfant forcément surdoué, la chute inévitable dans la drogue, etc, etc. J’adore en particulier plusieurs scènes de chant, où Dewey Cox et ses amis jouent un morceau complètement anodin, et la mise en scène, par les réactions démesurées de la foule, nous fait comprendre à quel point leur musique est censée être incroyable. Ce petit ton de moquerie perpétuelle est assez plaisant.
A côté de cela, puisque la carrière de Dewey Cox traverse les décennies (et encore une fois, assez drôle de voir John C. Reilly interpréter le rôle dès que le personnage a…. 12 ans…), il y a un vrai « travail » sur la musique. Les chansons sont des pastiches de groupes ou de styles musicaux (je ne voudrais pas gâcher les surprises) et sont plutôt bien vues.
Et quelques guest stars dans le rôle de… guest stars (Elvis Presley, les Beatles…)
Petite embardée hors de l’actualité cinéma pour vous présenter un court-métrage réalisé par Gia Coppola (oui oui, petite-fille de Francis Ford) et Tracy Antonopoulos, avec Kirsten Dunst et Jason Schwartzman.
Les deux acteurs, outre d’être dans le cercle qui navigue autour de la famille Coppola (Sofia, Roman, mais aussi Spike Jonze & co), avaient déjà collaboré sur Marie-Antoinette (de Sofia Coppola, donc).
Ce court-métrage a été réalisé dans le cadre d’une entreprise promotionnelle pour la marque de vêtements multi-designers Opening Ceremony (dont on voit plusieurs créations dans le film).
Il y a, un peu comme chez Roman Coppola (dont j’espère parler ici un jour de l’excellentCQ- dans lequel jouait déjà Jason Schwartzman, puisque je vous dis que tout est lié !), un esprit d’inspiration française-nouvelle-vague-un-peu-transformée-à-l’américaine. Ça donne quelque chose qui est un peu sans queue ni tête, avec un long début muet, puis un centre clipesque, avec de jolies couleurs, et une fin de mise en abyme, mais dont se dégage une vraie ambiance et un certain charme indicible (le fameux je ne sais quoi, probablement).
A noter que la partie clip est mise en musique par Jason Schwartzman lui-même, via son groupe, Coconut Records, que je vous invite à découvrir si vous ne connaissez pas, par exemple sur leur myspace.
Acteur humble, discret, au physique banal, un peu en décalage perpétuel, Jason Schwartzman a de plus en plus ma sympathie, et tout ça donne envie de le voir de plus en plus. Quant à Kirsten Dunst, qui se fait rare sur les écrans, elle semble en pleine forme et plutôt rayonnante dans ce petit film.
En attendant, le court-métrage, disponible sur Vimeo.
Tom a le coup de foudre pour Summer, la nouvelle secrétaire. Tom croit en l’amour éternel et unique ; Summer non. Pourtant, la relation se noue, jour après jour. 500 jours…
C’était un film très attendu, avec la charmante Zooey Deschanel, et le non moins charmant Joseph Gordon-Levitt. Un couple léger, jeune, joli, un peu décalé, pas trop, juste ce qu’il faut. Une histoire d’amour à la fois romantique et pas trop.
Comme toujours, trop d’attente tue le film, et si j’ai passé un bon moment, je n’ai pas été transportée comme je l’aurais voulu, jamais… On a finalement ici une petite histoire banale, un personnage féminin un peu pénible, et surtout, un enchaînement de séquences sympathiques plutôt qu’une construction globale avec une réelle progression dramatique.
Il y a cependant de jolies scènes et de jolies idées, en particulier ce split-screen entre « la réalité » et « les espérances », que l’on a probablement tous vécu des dizaines de fois, ou encore cette belle scène musicale où Joseph Gordon-Levitt danse et exprime la félicité de son personnage (là encore, c’est assez juste). Zooey Deschanel excelle dans ce personnage de fille un peu agaçante mais assez « authentique », dans son évolution, sa manière de se lasser, doucement, de se fermer.
Le film est donc plutôt bon mais je regrette de ne pas avoir été plus surprise que ça, plus emportée dans un élan ; je trouve que malgré les nombreuses qualités du film, il lui manque une petite dynamique. Mais je le reverrai avec plaisir, et peut-être que ça fonctionnera mieux la seconde fois.